C’est tout moi !

 

Une histoire de perquisitions… 18 octobre, 2018

Classé dans : Billets d'humeur — Barbara @ 16:00

On nous demande ça et là, à nous autres insoumis, de donner notre sentiment sur les perquisitions qui ont eu lieu mardi dernier, chez plusieurs membres de la France insoumise et dans nos locaux parisiens, ainsi que dans ceux du parti de gauche.

J’ai la curieuse et pénible sensation de me répéter avec l’enthousiasme d’un perroquet apprenant une nouvelle expression, et je crains qu’à force de devoir répondre sur le même sujet, je n’y perde un peu de ma force de conviction (là, par exemple, vous voyez, c’est une boutade).

Ah oui, au fait : si c’est la première fois que vous me lisez, je suis une pratiquante assidue de l’ironie, de l’humour noir et pince sans rire, ne soyez donc pas surpris.

Première étape, et pas la moins pénible : le rappel des faits. Est-ce nécessaire ? Je pense que oui. Pour avoir ingéré la nauséabonde bouillie que déversent avec entrain les médias mainstream, l’inénarrable Barbier en tête, je ne sais que trop à quel point il est opportun de rappeler ce que tous ces braves gens ont une fâcheuse tendance à oublier : les détails (là où le diable se cache, paraît-il). Vais-je être exhaustive ? J’en doute, parce que je ne vous cache pas que je déploie une fameuse énergie, depuis mardi. Je vais donc me concentrer sur ce qui n’est pas assez souvent rappelé à mon goût.

L’aspect juridique, tout d’abord. Ce type de déploiement est d’ordinaire réservé au grand banditisme ou au terrorisme. Alors, oui, je veux bien croire que les insoumis terrorisent Macron et ses sbires, mais la comparaison s’arrête là… On oublie de dire que Bompard, responsable de la France insoumise et présent sur les lieux, a été empêché d’entrer dans les locaux. La perquisition se déroulait tranquillou pépère, sans lui (vous savez, derrière la fameuse porte que Mélenchon et les autres ont essayé d’enfoncer ?). En revanche, on n’a pas oublié de le molester, lui et d’autres. On reparle du policier qui se rue sur quelqu’un, le jette à terre, puis l’étrangle ? Ou de celui qui grimpe sur une table ? C’était quoi, le projet ? Il regarde trop de catch et voulait se jeter sur les insoumis depuis son perchoir ? Wow… Peut-on reparler aussi de la liste des documents réquisitionnés qui n’a pas été dressée, pas plus que le PV qui aurait dû être fait et signé sur place ? « on le fera plus tard » Ben tiens.

L’aspect émotif, ensuite. Je n’aime pas m’énerver. S’énerver signifie perdre le contrôle, et je déteste perdre le contrôle. C’est comme accorder un point à celui qui nous a énervé. Et je n’aime pas accorder de points. Mais ça, c’est ma façon de gérer les choses. Tout le monde ne le fait pas, et d’ailleurs tout le monde ne parvient pas à le faire (c’est physiquement éprouvant, de refuser toute forme de lâcher-prise). Et je suis bien placée pour comprendre ce que l’on ressent lorsque l’on est accusé de quelque chose que l’on n’a pas commis, d’être traité en criminel alors que l’on n’a rien fait. Je l’ai vécu, sur dénonciation calomnieuse. Et là, même moi, avec ma manie du contrôle, je m’en suis prise à une juge. Malgré les risques encourus. Donc, oui, je comprends cette colère ressentie et montrée. Et même si elle doit nous faire galérer sur le terrain (ce qui n’est pas prouvé, mais j’y reviendrai), j’irais jusqu’à dire que je n’aurais pas compris n’en voir aucune.

Des violences nous sont faites, de toutes les façons possibles et imaginables, depuis des mois et des mois. Des injustices sont commises à notre encontre, depuis des mois et des mois. C’est bien gentil de charger la chaudière jusqu’à la gueule, mais faut pas s’étonner qu’à force, la vapeur sorte.

Est-ce que tout ça va nous faire du tort ? Forcément, mais sans doute pas autant qu’on pourrait le penser. Parce que de la colère, il n’y en a pas que chez nous. S’il y a bien une chose que les gens peuvent comprendre, c’est qu’on puisse mal réagir quand on fait face à l’injustice, à la violence, à l’intimidation. Pour preuve, ceux qui nous rejoignent depuis deux jours. Certains s’éloignent, pour les mêmes raisons, c’est vrai. Mais ceux-là nous avaient rejoints pour le fond, pour ces idées, ces objectifs, cette vision du monde que nous portons. Ils reviendront. Pas tous ? Possible. On verra.

Est-ce que tout cela change quelque chose à mon engagement au sein de la France insoumise ? Ah mais carrément ! Cela renforce ma volonté. Pourtant, je ne pensais pas que cela puisse être possible, mais comme quoi, je devais en avoir encore sous le pied… Peut-être aussi mes origines bretonnes qui me rendent difficile à manœuvrer, je l’admets. Plus que jamais, je refuse de vivre dans ce monde sans me battre pour qu’il change enfin.

Tiens, à propos de changement… Je vois bien tous ces braves gens qui ne manquent pas de faire remarquer que l’ex FN nous soutient dans cette affaire, et s’empressent de mettre en avant un pseudo rapprochement. Je remarque juste qu’ils oublient de souligner qu’à ce compte-là, tout le monde hormis la macronie se rapproche de nous, parce que nombreux sont les soutiens qui nous parviennent. Je vous fais la liste ? Oh et puis non, tiens, cherchez par vous-mêmes, moi, je suis fatiguée. C’est aujourd’hui mon anniversaire, j’ai tout de même autre chose à faire que d’aller fouiller sur le net (surtout que vous en êtes tout à fait capables par vous-mêmes, hein, vous êtes grands, tout ça tout ça).

Une chose ne manque pas de m’étonner. Ces perquisitions ont été menées par des professionnels. Comment diable peuvent-elles être entachées d’autant de vices de procédures qu’il y a de dents dans la mâchoire du chien Némo ? Ma bonne dame, on aurait voulu faire exprès qu’on ne s’y serait pas pris autrement. Pourquoi ? Si j’étais retorse, je dirais que, sachant qu’il n’y avait rien à trouver dans nos dossiers, autant faire en sorte que le dossier soit annulé pour vice de forme, n’est-ce pas ? Comme ça, on pourra toujours parler de « L’AFFAIRE », avec autant de points de suspension que nécessaire pour que subsiste le doute. Alors que mener à bien un dossier dont on sait qu’il sera vide, quel intérêt de prendre le risque de victimiser les insoumis ?

C’est un chouette statut que celui de victime. Si ça se trouve, Macron nous a fait un chouette cadeau. L’avenir nous le dira.

En tout cas, nous, nous continuons. Personne ne nous fera taire. Pour citer Jaurès :

JE NE PLIERAI PAS, JE NE M’EN IRAI PAS EN SILENCE. JE NE ME SOUMETTRAI PAS. JE NE ME RETOURNERAI PAS. JE NE ME CONFORMERAI PAS. JE NE ME COUCHERAI PAS. JE NE ME TAIRAI PAS. LE COURAGE, C’EST DE CHERCHER LA VÉRITÉ ET DE LA DIRE ; CE N’EST PAS SUBIR LA LOI DU MENSONGE TRIOMPHANT.

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2 Commentaires

  1.  
    bruno
    bruno écrit:

    Il manque un mot dans votre texte : « Comment diable peuvent-elles … entachées d’autant » et vous semblez attachée aux mots justes !
    Merci pour votre engagement communicatif.
    Et bon anniversaire avec un peu de retard.

  2.  
    Barbara
    Barbara écrit:

    Zut !

    Double merci, Bruno, et pour l’anniversaire, et pour la correction (je file de ce pas modifier et ensuite me flageller avec un bescherelle). :)

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