C’est tout moi !

 
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Et mon poil dans ta face, ça te dit ? 29 décembre, 2015

Classé dans : Billets d'humeur — Barbara @ 13:18

Monsieur Longuet,

 

C’est d’une main dont la paume ne comporte nul poil que je vous écris. Notez qu’avec cette entrée en matière, je situe d’entrée de jeu le but de la présente. Notez aussi que je tape sur mon clavier avec mes deux mains, mais que la tournure du singulier m’a semblé plus élégante.

 

J’ai bien failli ne pas vous écrire, vous savez ? Non pas par paresse, mais pour plusieurs autres raisons. D’abord, parce que je pense que vous ne lirez jamais ces lignes – quelqu’un les lira pour vous, et si jamais j’obtiens une réponse, ce dont vous me permettrez de douter, elle ne sera pas de votre main, mais rédigée par quelque sous-fifre. Ensuite, parce que, bien davantage que ce temps que je vous consacre présentement, c’est  mon mépris que vous méritez, et que le meilleur des mépris est, paraît-il, le silence. Puis je me suis souvenue que, comme je le fais dire à l’un de mes personnages, « pet retenu, furoncle au cul ». J’avoue que j’aurais grand-peine à voir mon visage du bas défiguré par une rondeur non désirée, et par votre faute : voici, donc, que je vous contacte.

 

Je me suis livrée, après une brève recherche, à une comparaison amusante : votre parcours, et le mien. Cet exercice m’a amenée tout droit à une conclusion que je vous livrerai ci-dessous. Mais entrons d’abord dans les détails, si vous voulez bien. Vous ne voulez pas ? Moi, si.

 

J’ai exercé de nombreux métiers. Métiers de bureau, où la fatigue n’était certes pas physique, mais non sans stress – il fallait des résultats, n’est-ce pas. Métiers de l’hôtellerie : beaucoup d’heures, beaucoup de kilomètres parcourus, encore du stress engendré par des patrons qui mettent la pression, des clients pas toujours des plus agréables. Métiers du commerce : stress encore. Puis des métiers que je suis obligée de qualifier de « métiers de merde ». Et là, je dois dire que j’ai bien exploré. Saisons agricoles, lourdes charges, conditions météorologiques pénibles, missions intérimaires et CDD à répétition en agroalimentaire, où au stress (eh oui, toujours) se mêlent des conditions physiques qui, avec le temps, se soldent par des séquelles physiques. Deux ans ne m’ont pas suffi à m’en remettre. Deux ans sans pouvoir travailler, parce que, malgré des recherches très actives dans mes autres domaines d’expérience, je n’ai rien trouvé (eh oui, trop longtemps sans les avoir exploitées, ces expériences, puisque, crétine que je suis, je voulais tout de même gagner ma vie dans les boulots de merde précédemment évoqués). Me voici donc devenue ce que vous avez ouvertement méprisé dans un récent entretien médiatique : une chômeuse longue durée. De ceux dont vous considérez qu’ils ont, je vous cite « un poil dans la main », et qui refuseraient de travailler, si je résume bien vos propos.

 

Parlons à présent de vous. De longues études, puis, directement, des postes choisis, tournant autour de la politique (ne me dites pas que vos postes dans des préfectures n’ont rien de politique, je n’ai pas le cœur à rire en ce moment précis). J’ai eu beau parcourir votre CV en long, en large et en travers, je n’y ai pas trouvé la moindre trace d’un véritable labeur. Jamais de main dans le cambouis. En fait, tout ce que j’ai trouvé d’efforts physiques dans votre parcours concerne vos loisirs d’étudiant. Vous saviez, quand vous dirigiez Occident, groupuscule d’extrême-droite, et qu’à ce titre, vous vous régaliez à frapper des étudiants d’extrême-gauche, comme à Rouen, où l’une de vos victimes a eu droit à un chouette coma. Sans doute encore un fainéant qui a fait semblant de dormir pour ne pas aller en cours. Tous pareils, ces gauchistes, s’pas…

 

Alors, de nous deux, qui a mouillé sa chemise en risquant sa santé (et en l’y laissant) dans des emplois pénibles, et qui a les mains douces de n’avoir jamais servi ?

 

S’il y a, entre vous et moi, des mains où les poils ont tout loisir de pousser jusqu’à se muer en canne, ce sont les vôtres, monsieur, pas les miennes. Voici la conclusion que je tire de la comparaison de nos parcours.

 

C’est d’ailleurs pour cette raison que je vais utiliser pour prendre congé l’une de mes expressions favorites : je vous conchie sereinement, monsieur, et du plus profond de mon être.

 

PS : la présente lettre, en plus de vous être adressée, sera hébergée sur mon site internet, et dûment partagée pour en faire profiter le plus grand nombre possible. Ah, et quitte à vous contrarier, je ne puis résister au plaisir de vous confier que je vote pour l’extrême-gauche depuis des années. Sans rancune, hein.

 

 
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Un p’tit bout d’soleil 18 décembre, 2015

Classé dans : Billets d'humeur — Barbara @ 15:22

Mes billets d’humeur peuvent sembler l’être souvent de mauvaise – humeur.

Mais pas aujourd’hui ! Même si ça avait mal commencé… Passons.

Ce matin, je devais me rendre à Valence – et j’y suis allée pour rien, mais c’est une autre histoire. J’avais opté pour le train – plus pratique, surtout pour se garer dans le centre ville. J’étais donc un peu scrogneugneu, d’autant que j’avais trois quarts d’heure d’attente avant mon train de retour. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, je décide donc d’aller boire un café en terrasse (résistance !) face à la gare. Sur ladite terrasse, quelques clients profitant de ce beau (mais anormal) soleil d’une mi-décembre. J’en avise un, l’air farouche, fermé, les traits durs. Pas tibulaire, quoi, mais presque – copyright Coluche. Bon. Je commande mon café, et je commence à le boire en lisant mon Charlie (sponsor officiel de toutes les sorties où je sais que je vais devoir attendre). Vient un moment où, relevant la tête, mon regard retombe sur ce type. Le même, sauf que non. Son visage s’éclaire, littéralement, et le soleil n’y était pour rien. Il se lève et se hâte vers l’autre côté de la terrasse : scène typique du gars qui attendait quelqu’un et qui l’accueille enfin. Je tourne la tête et je vois ce qui l’émeut autant : une petite fille, accompagnée de deux femmes d’un certain âge, voire d’un âge certain, se précipite contre lui pour un énorme câlin. Le câlin qui dure, et qui serre fort-fort-fort.

En temps normal, ma nature de gratte-papier – ou plutôt, avec le temps et les progrès, de gratte-clavier – me pousse à imaginer l’histoire autour de la vision. Je chipe un p’tit bout d’humanité, un p’tit morceau de la vie de quelqu’un que je ne connais pas, et je brode l’avant, le pendant, et l’après. C’est une sorte de réflexe, voire une manie. Et, comme à l’accoutumée, en assistant à cette scène, j’ai commencé à le faire. Je me le suis tout aussitôt interdit, en me mettant mentalement une claque sur la main – essayez, ce n’est pas si difficile. Ce que je venais de voir était trop mignon pour que je cherche à lui trouver l’écrin d’une histoire plus ou moins bien bâtie. C’était un petit morceau de bonheur brut, de joie pure. Trop pure pour avoir besoin d’un emballage qui aurait risqué de la dénaturer. Je me suis donc replongée dans ma lecture et mon café, avec, sans doute, l’ombre d’un sourire sur les lèvres.

L’heure de mon train se rapprochant, je me suis levée de table et me suis dirigée vers le petit groupe qui s’était installé là où l’homme attendait. Ils étaient encore sous le coup de l’émotion de leurs retrouvailles – c’en étaient, cela sautait aux yeux, même en refusant d’imaginer. Je leur ai juste dit quelques mots :

- Excusez-moi… Je ne vous connais pas, je ne connais pas votre histoire, mais, tout à l’heure, monsieur, votre visage s’est tellement éclairé quand la petite est arrivée que vous avez ensoleillé ma journée, et je voulais juste vous le dire. Voilà, c’est tout, bonne journée à vous tous.

Je me suis éloignée sans même chercher à savoir leur réaction, une fois la surprise – agréable, apparemment – passée. Mon pas s’était fait plus léger, et mon p’tit cœur itou. C’est con, des fois, comme ça tient à peu de choses, hein ?

Une fois revenue à Romans, au sortir de la gare, une jeune fille avait du mal à faire monter l’escalier du passage souterrain à sa grosse valise. Un homme lui a proposé son aide, elle a poliment et gentiment refusé. Je la lui ai proposée à mon tour – elle avait peut-être refusé  par crainte – mais j’ai reçu la même réponse. Quand je suis arrivée à la hauteur du type, il m’a demandé son chemin. Plutôt que de lui donner les renseignements demandés, je lui ai offert de le déposer en voiture. Nous avons eu, chemin faisant, une plaisante conversation sur le rapport à l’autre, sur l’importance des jolies petites choses du quotidien – je lui avais raconté la scène de la terrasse. Par chance, j’étais tombée sur l’un de mes semblables. Quelqu’un qui a de l’intérêt pour l’autre, qui aime à semer de petits rayons de soleil, comme ça, pour rien, en proposant son aide, avec un sourire, un mot gentil… Et ça m’a fait du bien de me sentir moins seule, moins incongrue dans ce monde d’égotisme, d’égoïsme, d’individualisme. Lui aussi, apparemment. Je n’ai pas cherché à savoir qui il était, ni pourquoi il se rendait au lycée. Il n’a pas cherché à se renseigner non plus. Mais c’était plaisant, comme à chaque fois que je rencontre quelqu’un qui a conscience de la vie des autres.

Voilà donc comment une journée qui était officiellement mal barrée peut se retrouver transformée par de petites joies de passage, de la même façon qu’un rayon de soleil entre des nuages les orne de poussière dorée. Et parce que je suis comme je suis, j’avais envie de partager ces petits riens avec vous.

PS : et le premier qui me traite de bisounours, j’lui défonce sa tronche.

 

 
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Mon père, ce hér… Ah ben non, ce réfugié déserteur, du coup ? 13 décembre, 2015

Classé dans : Billets d'humeur — Barbara @ 18:40

Entendu et lu ça et là, au milieu d’autres propagandes nauséabondes : « les réfugiés sont avant tout des déserteurs ».

Et là, comment dire… C’est tout mon univers familial historique qui s’effondre. Comme je l’ai dit auparavant, j’ai mis longtemps, somme toute, à comprendre que mon père était un héros. Il n’en faisait pas étalage, parlait de la guerre et de son engagement comme de choses normales, qui coulaient de source, et ce n’est qu’une fois adulte que j’ai touché du doigt l’ampleur de la chose.

Quitter son pays, en risquant sa vie, éviter les contrôles dans le but de passer à tout prix, pour rallier l’Angleterre, ce n’était pas rien. D’autres avaient choisi de rester et de continuer la lutte sur place : les maquisards. Pendant la guerre, les combattants étaient répartis, pour résumer grossièrement, en FFI (forces françaises de l’intérieur) et FFL (forces françaises libres). L’ont-ils fait pour fuir ? Non. Ils l’ont fait pour pouvoir se préparer à reprendre la lutte. En attendant, personne ne savait, au départ, s’ils allaient vraiment continuer le combat ou non… Et du reste, il s’en est trouvé pour partir en Angleterre… et ne pas revenir se battre. Parce qu’ils se sont trouvés plus utiles en aidant l’État-major, ou parce qu’ils ont eu peur d’y retourner ? On n’en sait rien – eux seuls l’ont su.

Le fait est qu’avec cette ascendance, je ne peux pas m’empêcher de penser, quand j’entends ce genre de phrases, que mon père a été un réfugié. Qu’on aurait pu le prendre pour un déserteur. Que c’était un homme, et qu’il n’était pas parti avec femme et enfants (il n’en avait pas encore). Parce que oui, quand on entend cette phrase sur les réfugiés-déserteurs, l’argument de poids qui suit, c’est « quand on est réfugié, on envoie d’abord sa famille à l’abri, et là, dans ces migrants, il y a tout de même beaucoup d’hommes ». Mon père et ses camarades étaient jeunes – très jeunes. Nombre d’entre eux, en cette époque où l’on ne devenait majeur qu’à 21 ans, avaient dû trafiquer leur identité pour se faire passer pour des adultes (ce fut le cas pour mon père). Donc, hommes ils étaient, sans femme, sans enfant. Et pourtant, pas déserteurs. Pas migrants. Des combattants qui avaient choisi de se rassembler en terre libre.

Alors, quand les racistes affirment que les réfugiés sont des déserteurs, j’ai l’impression que c’est aussi de mon père et de ses camarades qu’ils parlent. Qui sont-ils pour affirmer que parmi les réfugiés, il n’y a pas de futurs combattants, de futurs équivalents des FFL ? Nul n’aurait pu l’affirmer – ni cela, ni le contraire – pour mon père et ses camarades. Pourtant, ils l’ont fait. A l’heure où ces mêmes gens, qui crachent sur les réfugiés, essaient par tous les moyens, de récupérer le capital de sympathie du Commando Kieffer, j’avoue avoir du mal à comprendre la logique de leur raisonnement.

Pour prendre à revers les arguments des le pen-à-jouir, « si les gars du Commando Kieffer avaient été accueillis en Angleterre comme les fachos voudraient qu’on accueille les réfugiés aujourd’hui, ils n’auraient jamais pu débarquer le 6 juin 1944″.

 

 
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Faire front 7 décembre, 2015

Classé dans : Non classé — Barbara @ 19:39

Je ne suis rien, je ne suis personne – ou en tout cas si peu de chose que je ne touche pas grand-monde. Du coup, ma voix solitaire va très certainement se perdre dans le grand raffut. Ma  voix, mes rêves, mes espoirs.

J’aimerais beaucoup – oh oui, vraiment beaucoup – faire partie de ces gens qui ont la gueule de bois, ce matin (*) suivant le premier tour des élections régionales de 2015. J’aimerais beaucoup, mais ce n’est pas le cas. Ce n’est pas parce que je fais partie de ceux qui se réjouissent, hein ? Loin s’en faut. Je ne suis pas non plus de ceux qui essaient de se convaincre, avec plus ou moins de succès, d’ailleurs, que ce n’est pas si grave, que les électeurs et les abstentionnistes vont réagir après ce coup de semonce qu’ils ont voulu lancer.

Non.

Je fais, hélas, partie des Cassandre. De ceux qui voient venir les choses, qui les sentent, qui essaient de prévenir alentour, mais que l’on n’écoute pas. C’est pour cela que je n’ai pas la gueule de bois : parce que je savais. Donc, oui, je préfèrerais faire partie de ces gens qui ont eu une mauvaise surprise hier soir. Parce que le goût amer au fond de ma gorge serait plus récent et, sans doute, plus facile à supporter.

Je ne suis rien, je ne suis personne, disais-je. Et, du fond de ma vie, je n’ai que fort peu de moyens d’action. Comme chacun de nous, en somme.

Où en est-on, au juste ? On en est au fait que les gens ne croient plus en la politique. Laquelle politique a été traînée dans le caniveau par de petits hommes qui font de petits calculs, de petites choses pour leurs petites personnes. On ne veut pas lâcher son bout de gras, on se bat pour son steak, et tant pis si on ne se rend pas compte que le rouleau compresseur arrive à pleine vitesse.

Tu votes à droite ? « ah ben oui, mais bon, t’as vu ce qu’a fait de Gaulle en Algérie, Sarkozy en Libye (je pourrais continuer comme ça, mais comme a écrit Madénian dans Charlie, « c’est une carte postale, pas un annuaire ») ? »

Tu votes à gauche ? « ah ben oui, mais la montée du fn, c’est Mitterrand, et pareil pour l’Irak, et pis t’as vu Hollande ? ».

Tu votes extrême-gauche ? « ah ben oui, mais t’as vu, en URSS ? ».

Tu votes écolo ? « ah ben oui mais… Euh… Ben ils ont rien fait » (c’est normal quand on ne dépasse pas les 10 %, en même temps).

Donc ? Donc, personne ne devrait voter. Tous les partis en place ont des trucs à se reprocher (du moins, ceux qui ont eu des occasions d’agir).

Ou alors…

Réinventer la vie politique ? Puisque les partis sont pollués par leurs actes passés, pourquoi ne pas effacer le tableau, et écrire ensemble, à partir de maintenant, une nouvelle histoire ?

Oui, je sais. Les partis existants ont leur notoriété (qu’on parle de moi en bien ou en mal, l’important est qu’on parle de moi). Ils ont construit leur image auprès du péquin à grand renfort d’argent, de temps, de compromis et de compromissions. Je sais bien que ce n’est pas réaliste, qu’ils ne vont rien lâcher de ce qu’ils ont bâti, et qui est pourtant en train de s’effondrer. Mais pendant qu’ils se battent sur leurs ruines en devenir, prenez le temps de rêver avec moi. Qu’est-ce ça va vous coûter ? Un peu de votre temps, rien de plus…

Je ne vais pas parler de la droite : ils ont tellement le sens du changement qu’ils se sont dit qu’avec un nouveau nom, tout irait mieux. Un peu comme dans la cour de récré, en pleine partie de chat, quand on levait le pouce et qu’on disait « j’ai mes go ! Tu peux pas ! ». Genre.

Le PS, c’est pas mieux. Dans cet élevage d’éléphants (ou ce cimetière des éléphants ?), on se gargarise sur le passé du parti, en se berçant d’illusions quant au fait que sur un malentendu, on va pouvoir le recréer.

Regardons à gauche. Que voit-on ?

Des écologistes qui peinent à se faire entendre. C’est curieux, mais c’est ainsi : malgré le nombre de gens concernés par l’environnement, les écologistes en politiques ne font pas florès. On a des radicaux, qui sur le fond ne sont pas franchement en accord avec le PS, mais qui ont tellement tendance à le suivre qu’on a du mal à les différencier. Ce p’tit côté : « les radicaux ? Ah oui, tiens, c’est vrai qu’il y a un parti qui s’appelle comme ça ». Le PC, le front de gauche, la LR, nouvelle donne, le parti pirate que j’aurais tendance à placer sur ce côté de l’échiquier (en tout cas, leurs idées ne sont pas de droite). D’autres que j’oublie, sans doute, parce que, si les partis de gauche ne sont pas pléthore, on n’en est pas loin.

Pourquoi diluer à ce point les intentions de vote, les voix, les militants ? Vous vous rendez compte du parcours que doit subir quelqu’un qui se sent de gauche ?

- Bon, ça y est, j’ai tout pesé, et je pense que je suis de gauche !
- Ah ouais ? Et tu vas voter pour qui ?
- …

Ben voilà. On est de gauche. On le sent, hein, c’est une évidence quand on lit les programmes de tous bords… Mais on ne sait foutre pas dans quel panier mettre ses œufs (et ses espoirs). On ne se sent pas représenté, ou bien trop représenté, ou encore représenté par un parti dont on devine qu’il est condamné à des résultats se traduisant en chiffre plutôt qu’en nombre (moins de dix, pour les non-matheux).

Nous vivons une période cruciale pour l’avenir de notre pays, de notre art de vivre. La masse médiatique se fait un plaisir de souffler sur le froid brasier de la peur. Oui, les raisons d’avoir peur sont réelles, elles sont là, elles existent. Il suffit de revoir les images de janvier ou novembre pour avoir du mal à le nier. Pour autant, devons-nous laisser la peur et elle seule guider notre main au moment de voter, notre esprit lors de nos rapports à l’autre ? La réponse à cette source de nos peurs les plus primales, ces temps-ci, n’est pas dans la sécurité à tout crin. Sérieusement, comment peut-on croire une seule seconde qu’avec une hyper-sécurité, de celle qui se paie au prix de notre liberté, de nos libertés, on va réussir à bloquer ces espèces de tarés qui sont prêts à tout pour arriver à descendre quelques-uns d’entre nous ? La solution n’est pas là. Elle est en amont, pour éviter que de nouveaux jeunes issus de nos villes, de notre vie, décident d’aller se faire laver le cerveau. Et ça, c’est dans la réponse sociale qu’il faut chercher. L’éducation, entre autres. L’aide, l’entraide. La justice sociale. La sécurité, pas le sécuritaire. Ce sont des valeurs de gauche. Répondre à ce que nous subissons par des valeurs de droite, voire d’extrême-droite, c’est précisément faire le jeu que les abrutis de daesh attendent de nous. Vous, je ne sais pas, mais moi, je n’ai pas particulièrement envie de leur faire plaisir.

Valeurs de gauche, donc. Un socle commun de gauche. La vraie, pas celle qui tient une rose pour cacher ses épines dorénavant droitières. Est-il donc si difficile de se rassembler autour de ces valeurs, dans un regroupement de tous ceux qui se sentent de gauche mais sans plus oser vraiment y croire ? N’est-il donc pas possible de créer une seule vraie gauche avec tous ces petits partis ? Ouais, je sais, ouais. Pour cela, il faudrait renoncer à ses calculs personnels, ses petits intérêts à la vue basse, renoncer à tout ce qui ne fait pas partie du socle commun. Mais merde, on aura bien le temps d’y penser après, non ? C’est trop demander, de pouvoir respirer un peu ? On s’occupe du plus urgent, et roule ma poule ! Qu’ont-ils fait d’autre, en 36 ? Imaginez un instant qu’on puisse reprendre ce schéma, s’offrir l’énorme bouffée d’optimisme que cela a engendré, mais que cette fois, conscient des erreurs du passé, et s’interdisant de les reproduire, on fasse durer cette bouffée, pour qu’elle s’étende ? Que les politiques de gauche, allant de l’extrême jusqu’aux frondeurs du PS, voire certains centristes, décident de passer outre leur égo et leurs ambitions personnelles pour enfin songer aux aspirations de ce peuple de gauche délaissé et qui les délaisse à leur tour ?

Allez-y. Imaginez juste un instant que ce soit possible. Imaginez cela, et osez me dire que ça ne vous fait pas envie…

Moi, si.

(*oui, bon, je n’ai pas eu le temps de finir cet article hier…)

 

 
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La mémoire de nos pères n’est pas à vendre 4 décembre, 2015

Classé dans : Le Commando Kieffer — Barbara @ 16:18

[DES VÉTÉRANS S'ASSOCIENT À CETTE LETTRE]

Bonjour,
Merci à tous d’avoir autant partagé cette publication qui a été vue par près de 150 000 personnes et partagée près de 2000 fois à l’heure où j’écris ces lignes.
Nous avons eu affaire à quelques « trolls » qui ne semblent voir dans cette publication qu’un engagement militant des enfants, engagement qui visiblement les dérange. Effectivement. Le combat du commando Kieffer était un combat patriotique mais aussi idéologique : libérer la France des Allemands, mais aussi des collaborateurs d’extrême-droite. Cessez de n’y voir qu’un exploit guerrier.
Ceux qui cherchent à laver l’extrême-droite sous prétexte que « la situation est différente » et « l’envahisseur différent » n’ont rien compris. Les valeurs ne se négocient pas selon une situation.
D’autres ont cherché à dire que les enfants n’étaient pas représentatifs des idées/combats de leurs parents. La meilleure réponse est je pense de leur faire savoir qu’à partir d’aujourd’hui, nous comptons deux nouvelles signatures (et peut-être bientôt davantage):
- Hubert Faure, vétéran du 1er BFMC, troop 1, badge 134
- Léon Gautier, vétéran du 1er BFMC, troop 8, badge 98
- Jean Morel, vétéran du 1er BFMC, troop 1, badge 20
- Yves Meudal, vétéran du 1er BFMC, troop 1, badge 59

Les descendants des membres du Commando Kieffer adressent une lettre publique de protestation face à une tentative de récupération de l’histoire de leurs pères par des sites d’extrême-droite.

Nous, enfants et petits enfants des Commandos du 1er Bataillon de Fusiliers Marins Commandos, dit « Commando Kieffer » qui participa à de nombreux raids contre l’occupant entre 1942 et 1944, au débarquement en Normandie le 6 juin 1944 et à Flessingue (Pays-Bas) le 1er novembre suivant, avons eu récemment la désagréable surprise de voir un site identitaire islamophobe hébergeant l’extrême-droite raciste se servir du nom des Commandos Kieffer pour stigmatiser les musulmans de France dans un article auquel sont juxtaposées des caricatures insultantes de ministres de notre gouvernement d’origine nord-africaine ou antillaise.
L’auteur de l’article concluait en déclarant que si les hommes du Commando Kieffer débarquaient aujourd’hui, ils seraient rejetés à la mer par les « collabos » (sic) d’aujourd’hui et que ces derniers en tant que traîtres mériteraient le peloton d’exécution. Par « collabos », l’auteur désigne les Français qui vont se recueillir sur les lieux des attentats terroristes et qui s’opposent au projet d’éradication de l’islam en France.
Nous dénonçons fermement ces propos haineux, ces amalgames et ces appels à la violence contre d’autres citoyens français. Nous savons trop bien comment des propos similaires à l’encontre des Juifs et des Tziganes ont conduit à leur persécution.
Nous considérons que le fait d’avoir associé les Commandos Kieffer à cette propagande est une imposture. Nous ne reconnaissons pas aux héritiers nostalgiques des collaborateurs et de leurs maîtres nazis, le droit de parler au nom de nos pères et de s’approprier leur glorieuse histoire à des fins manipulatrices envers une population sous le choc après les attentats de Paris.
——–
English translation:
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We, the undersigned, children and grandchildren of the « 1er Bataillon de Fusiliers Marins Commandos », also known as « Commando Kieffer » (attached to Lord Lovat’s 1st Special Service Brigade) who took part in numerous raids in occupied Europe between 1942 and 1944, who landed in Normandy on 6th June 1944 and in Flushing (The Netherlands) on 1st November 1944, were recently unpleasantly surprised to see an identity-fanatic, racist and islamophobic site use the name of the Kieffer Commandos to stigmatize the Muslims living in France. In this article, are displayed insulting cartoons of members of the French government with West-Indian and North-African origins.

The author concluded his article by declaring that if the Kieffer Commandos landed again today, they would be thrown back to the sea by today’s « collaborators » and the latter, being traitors, deserved to be taken to the firing squad. The « collaborators » here are the French individuals who have gathered to pay respect to the victims of the recent terrorist bombings and who oppose their project of eradicating Islam in France.

We strongly condemn these heinous words, the deliberate confusions and the calls to violence against other French citizens. We all know too well how similar ideas against Jews and Gypsies lead to their persecution.

We consider that using the Kieffer Commando in this type of propaganda is an imposture. We deny these people any right to talk in the name of our fathers and to take ownership of their heroism in order to manipulate our fellow citizens traumatized by the Paris terrorist attacks.

———————
SIGNATAIRES:
———————-

 

CETTE LETTRE A ÉTÉ RÉDIGÉE PAR LES DESCENDANTS. NÉANMOINS, DES VÉTÉRANS ONT SOUHAITÉ S’ASSOCIER À SA SIGNATURE:

 

CETTE LETTRE A ÉTÉ RÉDIGÉE PAR LES DESCENDANTS. NÉANMOINS, DES VÉTÉRANS ONT SOUHAITÉ S’ASSOCIER À SA SIGNATURE:
- Hubert Faure, vétéran du 1er BFMC, troop 1, badge 134
- Léon Gautier, vétéran du 1er BFMC, troop 8, badge 98
- Jean Morel, vétéran du 1er BFMC, troop 1, badge 20
- Yves Meudal, vétéran du 1er BFMC, troop 1, badge 59

 

Dominique Kieffer-Salvar, fille de Philippe Kieffer, badge 1
Maryse Kieffer-Gibbons, fille de Philippe Kieffer, badge 1
Marine-A. Salvar-Kieffer, petite-fille de Philippe Kieffer, badge 1
Mona Salvar-Kieffer, petite-fille de Philippe Kieffer, badge 1
Alex Bibi-Kieffer, petit-fils de Philippe Kieffer, badge 1
Frédéric Bibi-Kieffer, petit-fils de Philippe Kieffer, badge 1
Josiane Autin, fille de René-Alfred Autin, badge 22
Marie-France Autin-Couëpel, fille de René-Alfred Autin, badge 22
Arnaud Couëpel, petit-fils de René-Alfred Autin, badge 22
Jean-Loïc Bagot, fils d’André Bagot, badge 135
Olivier Bagot, fils d’André Bagot, badge 135
Alain Baloche, neveu de François Baloche
Antoine Barbe, petit-fils de Maurice Barbe, badge 141
Danielle Letiec, fille de Louis Bégot, badge 44
Sophia Bouarfa, nièce de Ouassini Bouarfa, badge 129
Marie-France Bouilly-Baffert, fille de Jean Bouilly, badge 176
Christine Bouilly, fille de Jean Bouilly, badge 176
Paul Burel, fils de Julien Burel
Elyane Casalonga, fille de Laurent Casalonga, badge 13
Rita Casalonga, fille de Laurent Casalonga, badge 13
Claire Chouteau, fille de Paul Chouteau, badge 126
Frédéric Chouteau, fils de Paul Chouteau, badge 126
Pascale Fabre, fille de Paul Chouteau, badge 126
Emmanuelle Thibaud, petit-fille de Paul Chouteau, badge 126
Serge Dmytriak, fils de Jean Dmytriak, badge 250
Henri Dorfsman, fils de Henri Dorfsman, badge 118
Nicolas Dorfsman, fils de Henri Dorfsman, badge 118
Martine Duran, fille d’Hubert Faure, badge 134
Annick Arzel , fille de Pierre Ernault , badge 87
Jean-Marc Gabriel, fils de Roland Gabriel, badge 41
Armand Gabriel, fils de Roland Gabriel, badge 41
Elisabeth Galton, fille de Jack Galton, badge 257
Jenny Giard, petite-fille de Michel Vincent, badge 56
Jacqueline Gautier, fille de Léon Gautier, badge 98
Gérard Wille, petit-fils de Léon Gautier, badge 98
Nicolas Wille, arrière-petit fils de Léon Gautier, badge 98
Maxime Wille, arrière-petit fils de Léon Gautier, badge 98
Barbara Goujon, fille de René Goujon, badge 143
Valérie Goujon, fille de René Goujon, badge 143
Erwan Segura, petit-fils de René Goujon, badge 143
Ambre Manin, petite-fille de René Goujon, badge 143
Philippe Gourong, neveu de Maurice Gourong (MPF), badge 188
Lucien Gourong, neveu de Maurice Gourong (MPF), badge 188
Nolwen Gourong, nièce de Maurice Gourong badge 188
Jean-Pascal Hattu, fils de Guy Hattu, badge 46
Chantal Escoffre-Hattu, fille de Guy Hattu, badge 46
Willie Hervo, fils de Raymond Hervo, badge 243
Benoit Noeppel, petit fils de Jean Laffont, badge 82
Hervé Lerigoleur, fils d’Albert Lerigoleur, badge 130
Denise Beau-Lofi, fille d’Alexandre Lofi, badge 63
Danièle Lofi, fille d’Alexandre Lofi, badge 63
Hélène Jézéquel, fille de René Lossec, badge 10
Paul Lossec, fils de René Lossec, badge 10
Yvon Meudal, fils d’Yves Meudal, badge 59
Marine Moal, petite fille de Jean Moal, badge 113
Xavier Moal, petit-fils de Jean Moal, badge 113
Elizabeth Martin, fille de Guy de Montlaur, badge 45
Dauphine Sloan, fille de Guy de Montlaur, badge 45
Jeanne de Montlaur, fille de Guy de Montlaur, badge 45
George de Montlaur, fils de Guy de Montlaur badge 45
Michael de Montlaur, fils de Guy de Montlaur, badge 45
Diane de Montlaur, petite-fille de Guy de Montlaur, badge 45
Adeline de Montlaur, petite-fille de Guy de Montlaur, badge 45
Caroline Sloan, petite-fille de Guy de Montlaur, badge 45
Alexandra Sloan, petite-fille de Guy de Montlaur, badge 45
Guillaume de Montlaur, petit-fils de Guy de Montlaur, badge 45
Simon Nawijn, petit fils de Jean Morel, badge 20
Clément Nawijn, petit fils de Jean Morel, badge 20
Michel Navrault, fils de René Navrault, badge 50
William Niel, fils Marcel Niel, badge 54
Cedric Niel, petit fils de Marcel Niel badge 54
David Niel, petit fils de Marcel Niel badge 54
Julien Niel, petit fils de Marcel Niel badge 54
Serge Odorici, petit-fils de Marius Pizzichini, badge 328
Robert Poli, fils de Nicolas Poli, badge 61
Noel Rabouhans, fils de Raymond Rabouhans
Monique Joly, fille de Marcel Raulin, badge 23
Yvonne Chandler, fille de Marcel Raulin, badge 23
Virginie Joly, petite-fille de Marcel Raulin, badge 23
Stéphanie Joly, petite-fille de Marcel Raulin, badge 23
Philippe Petit, petit neveu de Jean Simon, badge 6.
Didier Rougier, petit-fils de Marius Rougier, badge 108
Marie-Louise Secondi, fille de Jean-Baptiste Secondi, badge 269
Robert Tornil, fils de François Tornil, badge 314
Richard Troyard, fils d’Eugène Troyard, badge 96
André Charles Trépel, fils de Charles Trépel (MPF), badge 8
Bérangère Violet, petite-nièce de Robert Lion (MPF), badge 193
Géraldine de Thoré, petite-nièce de Robert Lion (MPF), badge 193
Anne Vourc’h, fille de Guy Vourc’h, badge 36
Claire Vourc’h, fille de Guy Vourc’h, badge 36
Catherine Vourc’h, fille de Guy Vourc’h, badge 36
Jean-Guy Vourc’h, fils de Guy Vourc’h, badge 36
Gwenaël Vourc’h, petite-fille de Guy Vourc’h, badge 36
Lajla Vourc’h, fille d’Yves Vourc’h, badge 157
Michel Vourc’h, fils d’Yves Vourc’h, badge 157
Brigitte Wallen, fille de Henri Wallen, badge 177

Le présent message a été publié sur cette page FaceBook :

https://www.facebook.com/CommandantPhilippeKieffer/photos/a.520921064590213.151607.520259744656345/1220228067992839/?type=3

Premier article dans la presse (plus de 11.000 lectures pour l’heure) :

http://www.ledauphine.com/drome/2015/12/09/pas-en-notre-nom

Premier reportage dans le 19-20 France 3 Basse Normandie :

https://www.youtube.com/watch?v=dpQXT85Y3pM&feature=youtu.be

 

 
 

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