C’est tout moi !

 
  • Accueil
  • > Archives pour juillet 2015

A tchaô Vincent 1 juillet, 2015

Classé dans : Billets d'humeur — Barbara @ 21:31

Co-signataires : Michael de Montlaur, Guy SENEE, George de Montlaur , Josselyne de Montlaur, Jean Loïc BAGOT

Salut Vincent, tu vas bien ?

Pourquoi je te tutoie ? Oh, ce n’est pas parce que je suis mal élevée, ni parce que je tutoie tout le monde – entre nous, j’ai même plutôt du mal avec les familiarités.

Non, si je te tutoie, c’est que, même si nous ne sommes jamais rencontrés, selon les principes des fils Montlaur – principes que je partage – nous sommes un peu de la même famille. Parce que mon père tutoyait ton oncle. Ton oncle qu’il revoyait régulièrement, les 6 juin, à Ouistreham. Et mon père a signé dans « J’ai débarqué le 6 juin 1944″, de ton oncle, le passage sur Flessingue. René Goujon. Tu me suis ? Oui, je pense que tu me suis. Nous sommes, donc, de la même famille. Cette (pas si) grande famille du Commando Kieffer. Et tu sais à quoi ça sert, entre autres choses, les familles ? A pousser une bonne petite gueulante quand c’est nécessaire.

Et là, franchement, je pense que ça l’est.

Parce que j’ai trouvé un article sur le Figaro, titré « Vincent Bolloré raconte le D-Day de ses tontons ». Donc, j’en suis à me dire que tu sais où Bollinger se trouvait, le 6 juin 44. Peut-être même que tu sais pourquoi il y était. Une histoire de liberté, un truc dans le genre, de mémoire. La liberté. Cette grande et belle idée – aussi indispensable que l’air que nous respirons, preuve en est que quand on est en privé, on peut en crever.

 Cette grande et belle idée qu’il est tentant de croire d’origine française – je sais que nous ne l’avons pas inventée, mais comme dit, c’est tentant.

Elle n’est peut-être pas française d’origine, mais nous l’avons foutrement bien adoptée, tu ne trouves pas ? Avec ce je-ne-sais-quoi d’impertinence, c’est encore meilleur – ça lui donne un petit goût piquant qui est proprement inimitable. Et ça, pour le coup, c’est français.

Et donc, toi, au mépris de cet héritage des 177, tu as, paraît-il, décidé de supprimer le dernier bastion de libre expression de la télévision ?

Qu’est-ce qui t’arrive, frangin ? Tu es tombé sur la tête ? Tu as des soucis, un petit coup de cafard ?

Tu te rends compte qu’en agissant de la sorte, tu es peu ou prou en train de cracher à la figure de Bollinger et des autres ? Oui, j’utilise le pseudo de guerre de ton oncle. Il m’est un peu difficile, je l’avoue, dans cet article, de l’appeler Bolloré – comme toi. Il ne mérite pas qu’en parlant de lui, j’utilise le même nom que pour toi. Parce que toi, tu n’es pas un Bollinger, ça, j’en suis sûre.

Peut-être es-tu en train de te dire que chacun des 177 avait tout un tas de raisons différentes de se lancer dans cette aventure. J’ai lu assez de récits par eux rédigés pour en avoir une très nette conscience. Je suis même en train de retranscrire celui de Sénée sur ce blog, c’est dire si c’est toujours d’actualité pour moi. Ceci dit, ces multiples raisons avaient un terreau commun, où se mêlaient l’amour de leur pays et le besoin de lui rendre sa liberté.

Cette liberté sur laquelle tu sembles avoir une irrépressible envie de t’assoir – ou de t’essuyer les pieds ?

Note que je fais comme si tu allais prendre connaissance de ces quelques mots – j’ai toujours été une indécrottable optimiste. Je me doute bien qu’il y a très peu de chances pour que cet écrit te parvienne – mais sur la vie des canards, je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour que ce soit le cas – et que, même si par miracle tu l’avais sous les yeux, tu n’y jetterais sans doute qu’un regard rapide, dénué de tout intérêt. Quelques secondes avant de lui faire subir un classement vertical.

Après tout, puisque tu craches sur les pères, pourquoi diable te préoccuperais-tu de leurs enfants ? Reste que de mon côté, il fallait que cela sorte. C’est fait.

J’ignore totalement si je vais ou non être la seule à signer ce texte, mais quoi qu’il en soit, je compte bien le transmettre aux autres « fils de » que je connais. S’ils ont envie d’y apposer leur griffe, ils seront les bienvenus.

Tout ça pour des marionnettes ? Non. Tout ça pour des symboles. Ne supprime pas ce morceau de liberté – c’est un bien qui se fait de plus en plus rare, ce qui est rare est cher, voilà qui devrait parler à ton cœur porte-feuilles de capitaliste. Je te dirais bien que tu piétines la tombe de mon père, auquel cas Jésus n’aurait qu’à bien se tenir, puisque les cendres paternelles ont été dispersées au large de la plage de Ouistreham.

En tout cas, sans nul doute, tu as oublié le visage de tes oncles.

 

 
 

LE JARDIN DE L’AMITIE |
wildcatsworld |
wwwfodelinfo |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Infos du jour
| Mosaïque
| Les Roses de l'Unité contre...