C’est tout moi !

 

Tous pareils 30 avril, 2015

Classé dans : Billets d'humeur — Barbara @ 9:38

Il y a eu THE dress, voici peu. Et là, on nous fait le coup de LA jupe. Et franchement, très franchement… Ras le bol (à défaut d’être ras la touffe).

Première considération : la loi, qui reste notre seul et unique rempart en cas de débat, voire de polémique. Que dit la loi ? Eh bien, la loi, tout bêtement, a oublié qu’en apportant des précisions quant aux signes religieux ostentatoires, cela signifiait que les rebelles pouvaient contourner en trouvant d’autres symboles. Ben ouais, c’est con, mais c’est humain. Et c’est tout aussi con d’oublier via la législation que le principe de base de l’humain, c’est de biaiser pour contourner les obstacles. Notez que c’est tout de même ce qui a permis à notre espèce de survivre jusqu’ici, bien que mal armée au départ (et sans doute aussi ce qui va la décimer, mais c’est un autre sujet).

Que dit la, donc, loi ? Que les jupes, longues, courtes, à fleurs, à pois verts sur fond violet (dégueulasse) sont absentes des textes. Dès lors, peut-on légalement interdire à une écolière/collégienne/lycéenne/étudiante d’entrer dans l’établissement avec une jupe longue, courte, à fleurs, à pois verts sur fond violet (dégueulasse) ? Ben nan. Voilà où aurait dû s’arrêter le débat.

Oui, mais. A ma droite, les tenants du « oui, mais on s’habille comme on veut, c’est pas interdit ». A ma gauche, les tenants du « oui, mais c’est une forme de prosélytisme ».

Vous savez quoi ? ON S’EN COGNE !

Évidemment que c’est une façon de dire « tu m’empêches de porter mon foulard ? Pas grave, je vais trouver une autre façon de porter ma religion ». Mais la loi, les gens, la loi ! Alors, doit-on légiférer sur les jupes et leur longueur plus ou moins acceptable ? Et la prochaine étape, c’est quoi ? Légiférer sur la couleur de ma culotte ? Preuve est faite que légiférer sur tout et n’importe quoi, c’est – précisément – n’importe quoi. Ou alors, il va falloir légiférer par réaction sitôt qu’une nouvelle astuce rebelle sera trouvée. On aura donc le code civil, le code du travail, le code de la route, le code du commerce… Et le code de la fringue. Sinon, ça va, la tête ? Voici une bonne vingtaine d’années que la législation se base sur la réaction plutôt que sur la vision d’avenir, un peu comme si on collait de plus en plus de rustines sur un vieux bateau pneumatique.

Ma position est toujours située du côté de la loi et de la laïcité. Toujours. Et là, je ne trouve rien à redire à cette foutue jupe, parce que je n’aurais pas d’argument légal sur lequel m’appuyer.

Quand j’avais douze ans (avant-hier, donc, et si jamais vous osez verser dans l’ironie à cette assertion, je vous retaille le portrait façon Picasso, bande de mal élevés), ma prof d’anglais nous a parlé des uniformes scolaires, la norme pour la perfide Albion. Ma réaction, spontanément, a été quelque chose comme : « mais madame, pourquoi on n’a pas ça en France ? ».

Ouais, ouais, ouais, je sais, l’uniforme, c’est l’autoritarisme, tout ça tout ça… ‘Foutez d’ma gueule ? Qu’est-ce qu’on porte d’autre, quasiment toute notre vie, et dans l’énorme majorité des cas ? C’est pas un uniforme, peut-être, ce que la mode nous impose ? Pour m’être souvent (et volontairement) située à contre-courant de la mode (ce qui était MON uniforme à MOI), je me suis assez souvent fait charrier pour affirmer que c’est bel et bien le cas. Uniforme tacite, mais uniforme tout de même. On m’a demandé si j’allais à la pêche quand je portais mes cuissardes, si j’avais braqué un vieux quand je portais un chapeau ou une casquette. Les mêmes qui se foutaient de moi faisaient la même chose deux ou trois ans plus tard, quand la déesse mode avait décidé le retour en grâce de ces accessoires, d’ailleurs. Un jour, parce qu’une élève de bahut privé (et cher) se foutait de moi sur l’air de « t’as pas de fringues de marque, t’es rien qu’une sale pauvre » (ce qui était assez vrai, d’ailleurs, mais ça résultait aussi d’un choix personnel), j’ai pris le temps de rassembler tout un tas d’étiquettes de marques, et je les ai cousues sur un jean. Jean que j’ai montré à la donzelle en disant : « et ça, c’est pas de la fringue de marque, peut-être ? ».

Pour réagir comme ça à quatorze ans, il faut un caractère de cochon, de la créativité et du culot. Entre autres. Ce que tous les gamins n’ont pas forcément. Les autres, quand on leur fait ce genre de remarques, se contentent de baisser le museau et de ravaler leur honte. C’est vrai que l’adolescence, c’est une période si facile à vivre qu’on peut se permettre d’ajouter des souffrances, s’pas. L’uniforme permettrait de régler ce problème.

J’ai connu des gamins qui se faisaient piquer leurs fringues parce qu’elles étaient à la mode, et avaient une certaine valeur, voire une valeur certaine. L’uniforme permettrait de régler ce problème.

Tout comme il permettrait de régler le problème des signes religieux ostentatoires, sans avoir besoin de préciser s’il s’agit de tchador, de kippa, de croix, de jupe, de caleçon avec ou sans boutons de braguette.

Il y a un autre refrain qu’on entend en ce moment : « pourquoi est-ce que c’est toujours avec la religion musulmane qu’il y a ces problèmes ? ». Hey, les gars, la séparation entre l’église et l’état, ça date de 1905. On se resitue un peu ? Je n’ai pas les chiffres en tête, mais j’ai dans l’idée, arrêtez-moi (et prouvez-le) si je me trompe, que les catholiques et protestants étaient un poil plus nombreux en France à cette époque, et que les musulmans l’étaient un poil moins. D’ailleurs, quand on faisait venir de la main d’œuvre étrangère, les origines étaient principalement européennes. Quant aux juifs, même si Vichy était encore loin, ils n’étaient pas forcément enclins à annoncer clair et fort leur appartenance religieuse. Une vieille habitude qu’ils avaient gardée, sans doute, du temps des persécutions médiévales. D’ailleurs, on parle bien de « séparation de l’église et de l’état ». Pas de « la chose religieuse et de l’état », tant, à l’époque, il était évident que cela concernait celle à laquelle on met (sauf moi) un E. Voici donc 110 ans que ladite église a pu s’adapter à cet état de fait. La religion musulmane n’a pas eu les mêmes délais, c’est donc, quelque part, logique qu’elle ne soit pas au même niveau d’avancement dans ses rapports avec la République (oui, là, je mets une majuscule, je fais ce que je veux, c’est mon blog). Du coup, quand la laïcité est remise en cause, cela vient plutôt des ultras de l’islam que des ultras du catholicisme. Ajoutez à cela les tensions actuelles dues à une poignée de barbus barbares et barbants dont l’intérêt réside dans le fait d’ajouter de l’huile sur le feu (parce que, non, ce n’est pas Charlie qui le fait, ce sont eux). Et paf, ça fait des chocapics. La dernière grosse tension avec l’église, pour mémoire, c’était au milieu des années 80, avec l’histoire de l’école libre, mine de rien. Presque 70 ans après la loi de 1905. Et on voudrait que, chez les musulmans, tout soit aussi bien assimilé au bout de (environ, je ne suis pas historienne) 50 ans de moins ?

D’accord pour dire que ces tensions ne sont pas normales. Logiques, mais pas normales. D’accord aussi pour dire que ce serait mieux si tout allait bien. Que tout serait plus mieux bien si c’était plus moins pire. En gros. Seulement, ça, autant chez les bisounours, ça fonctionne du feu de dieu (notez la finesse du jeu de mot)s, autant chez les humains, la perfection tend à se faire rare. Enfin, à part chez moi, évidemment.

Arrêtez de nous gonfler avec les vêtements, les signes, les accessoires, pondez-nous une législation sur le port obligatoire de l’uniforme à l’école, et c’est marre. Merdalafin.

 

 

Images d’archives 20 avril, 2015

Classé dans : Le Commando Kieffer — Barbara @ 19:14
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Guillaume Guillou

Classé dans : Le Commando Kieffer — Barbara @ 14:50

(Écrit par René Goujon, date inconnue)

En Janvier 1942, Guillou, solide Breton de vingt ans, arrive à New York à bord d’un bateau du commerce.

Dès que son navire touche le quai, Guillou met sac à terre, et rejoint la France Libre par la maison des FFL de New York. Volontaire pour les Commandos, il rejoint le bataillon des Fusiliers Marins Commandos de Kieffer, fin 1942.

Au physique, Guillou est un homme trapu, râblé, avec une puissante tête carrée et des bras qui n’en finissent plus. Excellent camarade, bon cœur, il est cependant prompt à se mettre en colère et avec lui, le coup de tête est très vite parti, témoin cette histoire qui se place au début de l’année 1943, au retour du training Commando :

Un soir au Soho, chez « Berlemont », le seul Français propriétaire de public-house an Angleterre, un grand diable de Major américain discute avec force gestes : « yes, boys, we bombed Brest yesterday from 20.000 feet ! ». « Qu’est-ce qu’il dit ? » fait Guillou qui boit tranquillement sa pinte de pale ale, et dont l’anglais est très rudimentaire. L’Américain, qui baragouine un peu le français, traduit complaisamment : « Brest, Bretagne, vous compris ? Nous bombarder hier » et ouvrant ses deux mains : « 20.000 pieds ! Brest grand comme ça ! ».

Oui, Guillou a compris… L’Américain a à peine le temps de finir sa phrase que notre ami l’a envoyé rouler à terre d’un magistral coup de boule, puis relevant sa victime au visage ensanglanté, avec une seule main : « you focken bastard, you son of a bitch, ma famille est à Brest ! Les civils, vous vous en foutez, hein ? ».

Ce jour-là, chez Berlemont, nous étions quatre pour enlever son Major de la 8ème Air Force à Guillou, et par la suite, les Américains se sont faits plus rares dans notre pub préféré.

 

 
 

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