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Livre 1 : le Ralliement – Chapitre 1 – le Berceau de l’Aurore 19 décembre, 2012

Classé dans : La quête d'Erwann — Barbara @ 13:43

C’était à flanc de montagne, dans le creux d’une petite vallée verte dont la forme et la localisation ne devaient rien aux caprices de la nature, que se nichait la ville : au-dessus, la pente, où les cultures en terrasse s’amusaient à figurer un escalier de géant ; en-dessous, un grand lac en forme de croissant qui semblait vouloir empêcher la ville de dévaler la descente vertigineuse jusqu’au pied de la montagne.

Les maisons de pierres sèches, aux toits pentus destinés à ne pas retenir trop de neige, ces maisons étaient si vieilles qu’elles paraissaient l’être autant que le monde lui-même, comme si elles avaient surgi du néant en même temps que les cimes qui les environnaient.

Cette vieillesse donnait, de loin, une poignante impression d’abandon, de solitude : guère plus qu’un dessin mélancolique. Pourtant, lorsque l’on s’en rapprochait, on décelait très aisément la vie qui l’habitait : des femmes faisaient leur lessive au lavoir, des enfants couraient et jouaient dans les ruelles tortueuses, conçues pour arrêter le vent, et tout là-haut, les petits points que l’on voyait s’agiter dans les champs en terrasse, c’étaient les hommes qui prenaient soin des dons de la terre : légumes, céréales, arbres fruitiers – tout ce qui pouvait endurer les hivers rigoureux. Dans d’autres champs paissait du bétail : vaches, moutons, chevaux, chèvres, volaille… Cette communauté vivait en complète autarcie.

La ville avait été nommée par ses habitants le Berceau de l’Aurore et, si elle n’était pas aussi vieille que le monde, elle l’était du moins tout autant que le Nouvel-Âge.

Chaque début de siècle, elle était animée par la Recherche de l’Élu. Ce jeune garçon d’une quinzaine d’années, une fois choisi, devait accomplir une quête capitale à terme pour la survie du Berceau. Or, la ville était inquiète, et presque résignée : depuis mille ans, la Quête avait toujours échoué. Ils sentaient leur fin se rapprocher à grands pas, et l’espoir quittait leur cœur.

A chaque Recherche, des dizaines de jeunes garçons s’étaient présentés aux épreuves, pleins d’enthousiasme, cherchant la gloire et l’aventure, non sans une pointe d’appréhension : un Élu qui échouait était banni à vie du Berceau, parce que son échec était la preuve que son cœur n’était pas assez pur. L’Élu ne pouvait pas avoir plus de dix-huit ans : au-delà de cet âge, les hommes du Berceau avaient déjà la charge d’une famille.

Le mariage n’existait pas. Seule prévalait l’union. En clair, un couple ne pouvait exister que dans l’amour, et un couple sans amour se séparait sans plus de formalité qu’une dernière année de vie commune, pour être sûr de son fait.

En outre, la possession à titre personnel n’avait pas cours ; seul le Berceau possédait : ses habitants se partageaient équitablement les maisons, les terres, et le produit de leur travail.

 

5 Commentaires

  1.  
    Klem
    Klem écrit:

    La « petite musique », naguère si familière, je l’entends déjà. La suite ?

  2.  
    majolana
    majolana écrit:

    J’adooooore, je vous retrouve tel que dans « …. » je vous reconnais ! vite la suite

  3.  
    le beau cardinal
    le beau cardinal écrit:

    hello, à mon avis la dernière phrase est non seulement superflue (si la réussite est effectivement ‘manifeste’, inutile de le dire … sauf si on s’adresse à des idiots …) mais surtout sonne faux : tout le reste du texte est une description objective et là tout à coup on a un avis subjectif qui nous arrive d’on ne sait pas où ni pourquoi …

  4.  
    Barbara
    Barbara écrit:

    J’étais pas super à l’aise avec cette phrase, j’avais hésité à la remettre, pour tout dire… Vu qu’on est au moins deux à ne pas l’aimer (ce qui est le début du pluriel), je m’en vais la virer. En plus, elle a des baskets !

  5.  
    Vincent
    Vincent écrit:

    Coucou Barbara ! Choses promises, choses dues ! Premièrement, belle exposition de la ville; on devine parfaitement un village niché sur une montagne, le tout avec un semblant d’ambiance inhospitalière qui le rend un peu sauvage et mystérieux.
    C’est une première lecture mais il me semble que concernant l’Elu, tu manques de logique. Et cela peut influer sur la suite de ton histoire. Car, si celui qui a échoué est banni à tout jamais, il ne doit pas y avoir masse de candidat; la sanction est très dure à porter. J’imagine donc qu’à chaque siècle, lors de l’Epreuve, seuls un ou deux braves se présente devant ceux faisant autorité afin d’être ou non désigné comme l’Elu.

    Petit détail, si l’union libre à court au sein du Berceau, il n’est pas nécessaire de nous en expliquer la signification (phrase suivante commençant par « en clair »). Cette redondance alourdi le rythme de lecture.

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