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Cher Charlie, 3 novembre, 2011

Classé dans : Non classé — Barbara @ 17:46

J’espère que tu peux lire tes courriers au libé-pital.

Quand j’ai su que tu avais été brûlé, j’ai été très inquiète. Et puis les radios – et les télés – m’ont permis de comprendre que ton coeur battait toujours, et que ton esprit était indemne. Donc, brûlé, certes, mais comme je sais que tu as la peau dure, me voici tout à fait rassurée.

Alors maintenant, te voici parmi les victimes d’une guerre dont on aurait pu ignorer l’existence, la guerre pour la libre expression, ou plutôt contre elle, où l’humour est d’un côté un étendard, un peu comme un drapeau blanc, du genre à ne pas toucher sinon on enfreint les règles du savoir-battre, et de l’autre côté une cible, justement, à abattre.

 Eh beh… Vivement l’hiver, que le drapeau blanc soit plus difficile à distinguer sur la neige – sauf qu’à tous les coups, là qu’on en voudrait, on peut parier qu’on n’en aura pas. De la neige. Saloperie.

Moi, je pensais qu’elle était gagnée depuis longtemps, cette guerre.

Tu te rends compte, mon Charlie, que même en ces époques reculées où on ne pouvait rien dire sans y risquer sa peau, le fou du roi avait tous les droits en matière de paroles, de satires, d’humour, en somme ? Tu crois que je suis en train de dire que ceux qui t’ont fait brûler sont encore moins évolués que les gens du Moyen-Âge ? Oups… T’as raison, je crois bien que c’est très exactement ce que je suis en train de dire.

 

C’est assez couillon de ma part. Surtout que je ne suis pas sûre que Libé me filera un coup de main… En même temps, je suis moins connue que toi, mon Charlie, et donc plus difficile à trouver.

 Mais le plus gros risque, je l’évite. Parce que même si je me fais coincer pour les avoir traités d’arriérés, au moins, je n’aurai pas à mon chevet des Guéant et autres Le Pen fille. Ouf ! J’en suis à me demander si ça te fait rire ou pleurer, de les voir prendre fait et cause pour toi. Je ne sais pas, ça doit avoir tout de même tendance à filer la nausée, mais au fond, quel plaisir grinçant de les voir tenus de s’exprimer en soutien ! Tu dois sans doute te dire que ça a dû leur faire encore plus de mal qu’à toi. Non ?

 Je dois te laisser, mon cher Charlie. Finalement, tu es à ta place : celle de Gavroche, que tout le monde a envie de protéger quand les soldats lui tirent dessus. Sauf que toi, tu n’es pas mort. Tu es tombé par terre, c’est pas la faute à Voltaire. Mais t’es pas au ruisseau !

Je concluerai par une phrase qui n’est pas de moi, mais j’aurais bien aimé – c’est toujours pénible, d’être née trop tard :

« C’est leur pertinence qu’on reproche aux impertinents ».

 

 
 

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