C’est tout moi !

 

Vous prendrez bien encore un peu d’oubli ? 23 août, 2010

Classé dans : Le Commando Kieffer — Barbara @ 17:40

Lundi 23 Août 2010. France 5, (re)diffusion de la série « la seconde guerre mondiale en couleurs ». Je guette du coin de l’oreille – je suis dans mon bureau – parce que j’ai entendu qu’ils en sont à évoquer septembre 1944. Donc, opération Market Garden, l’échec qui précèdera le Commando de la Toussaint. Et ça, le commando de la Toussaint, ça me parle. Parce que mon père y était, parce qu’il a rédigé sur ce passage un article (très bien rédigé, mais on dira que je ne suis pas objective), article qui sera repris dans les livres de ses amis, Gwen-Aël Bolloré et Maurice Chauvet, puis, dans les années 80 dans la revue « Troupes d’élite ».

 

J’ai déjà évoqué dans un précédent article de mon blog l’oubli quasi-systématique que reçoivent en pleine figure, depuis toujours, les Français du Débarquement ; ma colère vient d’être ravivée par cette émission. Le Commando de la Toussaint y est cité. Tout juste cité, le mot convient… Quelques secondes à peine, pour une opération cruciale dans l’avancée des troupes alliées vers Berlin. Celle qui a fait sauter le verrou resté solidement en place après Market Garden.

 

Citée, l’opération. Citées, les troupes britanniques qui s’y sont engagées. Et les Français qui étaient à leur côté ? Rien. Nada. Nothing. Niechts. Une fois de plus, on enterre les Comandos Français – y compris la poignée encore en vie. Oubliés, ceux qui ont donné leur sang en terre hollandaise, dans le combat commun pour la libération de l’Europe. Des Français ? Mais où ça, des Français ? Allons donc, s’il y avait eu des Français là-bas, ça se saurait, on en parlerait, enfin !

 

Eh bien non. On n’en parle pas. Jamais. Etonnant que ces Français aient reçu des preuves de reconnaissance de la part des autorités locales, eux qui n’étaient jamais nulle part, ni sur les plages de Normandie, ni sur l’île de Walcheren. Etonnant que les vétérans, leurs enfants, leurs petits-enfants, soient persuadés de leur participation à tout ceci.

 

Etonnant aussi, à l’heure où l’on dit que l’auto-flagellation de la France et des Français doit cesser, que l’on ne mette pas en avant ces gens dont l’on peut être fier, dans une période dont l’évocation suscite, pour nous autres hexagonaux, bien plus de honte que de gloire.

 

Pour le sang que je porte, celui de René Goujon, vétéran des Commandos Français, la véritable honte, c’est ici et maintenant, en constatant une fois de plus que ce qui fut fait est passé sous silence.

 

Ce texte, que j’affiche ici, sera envoyé tel quel, avec le lien vers le précédent article, à destination du service clients de France 5. Sans espoir de voir un quelconque changement… Juste parce que j’estime toujours, et plus encore que par le passé, que c’est mon devoir. Juste parce qu’aussi longtemps que l’on se battra pour leur mémoire, ils seront encore un peu là, parmi nous.

 

Pour mon père, et pour tous les autres.

 

 
 

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