C’est tout moi !

 

Cher Charlie, 3 novembre, 2011

Classé dans : Non classé — Barbara @ 17:46

J’espère que tu peux lire tes courriers au libé-pital.

Quand j’ai su que tu avais été brûlé, j’ai été très inquiète. Et puis les radios -- et les télés -- m’ont permis de comprendre que ton coeur battait toujours, et que ton esprit était indemne. Donc, brûlé, certes, mais comme je sais que tu as la peau dure, me voici tout à fait rassurée.

Alors maintenant, te voici parmi les victimes d’une guerre dont on aurait pu ignorer l’existence, la guerre pour la libre expression, ou plutôt contre elle, où l’humour est d’un côté un étendard, un peu comme un drapeau blanc, du genre à ne pas toucher sinon on enfreint les règles du savoir-battre, et de l’autre côté une cible, justement, à abattre.

 Eh beh… Vivement l’hiver, que le drapeau blanc soit plus difficile à distinguer sur la neige -- sauf qu’à tous les coups, là qu’on en voudrait, on peut parier qu’on n’en aura pas. De la neige. Saloperie.

Moi, je pensais qu’elle était gagnée depuis longtemps, cette guerre.

Tu te rends compte, mon Charlie, que même en ces époques reculées où on ne pouvait rien dire sans y risquer sa peau, le fou du roi avait tous les droits en matière de paroles, de satires, d’humour, en somme ? Tu crois que je suis en train de dire que ceux qui t’ont fait brûler sont encore moins évolués que les gens du Moyen-Âge ? Oups… T’as raison, je crois bien que c’est très exactement ce que je suis en train de dire.

 

C’est assez couillon de ma part. Surtout que je ne suis pas sûre que Libé me filera un coup de main… En même temps, je suis moins connue que toi, mon Charlie, et donc plus difficile à trouver.

 Mais le plus gros risque, je l’évite. Parce que même si je me fais coincer pour les avoir traités d’arriérés, au moins, je n’aurai pas à mon chevet des Guéant et autres Le Pen fille. Ouf ! J’en suis à me demander si ça te fait rire ou pleurer, de les voir prendre fait et cause pour toi. Je ne sais pas, ça doit avoir tout de même tendance à filer la nausée, mais au fond, quel plaisir grinçant de les voir tenus de s’exprimer en soutien ! Tu dois sans doute te dire que ça a dû leur faire encore plus de mal qu’à toi. Non ?

 Je dois te laisser, mon cher Charlie. Finalement, tu es à ta place : celle de Gavroche, que tout le monde a envie de protéger quand les soldats lui tirent dessus. Sauf que toi, tu n’es pas mort. Tu es tombé par terre, c’est pas la faute à Voltaire. Mais t’es pas au ruisseau !

Je concluerai par une phrase qui n’est pas de moi, mais j’aurais bien aimé -- c’est toujours pénible, d’être née trop tard :

« C’est leur pertinence qu’on reproche aux impertinents ».

 

 

Et si Face-Book était LA solution ? 19 juillet, 2011

Classé dans : Non classé — Barbara @ 14:16

On en est tous là…

 Tous ceux qui sont passés par Face Book, à de (peut-être) rares exceptions près, se sont retrouvés un jour à jouer sur une application. De façon plus ou moins assumée, d’ailleurs. (Et là, c’est une façon comme une autre de vous amener à penser :

1/ Si vous aviez l’intention de répondre « ah mais moi, je n’ai jamais joué sur Face Book », vous allez y regarder à deux fois, parce que vous risquerez alors de passer pour quelqu’un qui n’assume pas.

2/ Si vous lisez qu’un courageux -- ou un candide -- a marqué « ah mais moi, je n’ai jamais joué sur Face Book », vous allez peut-être penser que le courageux -- ou le candide -- en question ne s’assume pas.

Oui, je suis machiavélique, je sais. Merci, j’aime être flattée. Mais reprenons, voulez-vous ?)

Enfin donc, vous connaissez le fonctionnement des jeux sur Face Book (repensez à ma précédente parenthèse, et réfléchissez bien à ce que vous êtes tenté de répondre, mouahaha !).

 Imaginez un peu si nous pouvions exporter ces fonctionnements dans notre vie quotidienne ! Le rêve, non ? Prenons quelques exemples…

J’ai un jardin, et des animaux. Et ce plaisir s’accompagne de corvées, pour pouvoir en jouir. Entretenir le jardin, nourrir les animaux. La solution ? Avoir des voisins, pardi !

« Machin a arrosé vos plantes et nourri vos animaux » (Farmtown, Farmville etc).

J’ai besoin de matériel pour agrandir ce que j’ai, voire pour construire en partant du tout début ?

« Pour construire ce bâtiment, il vous faut (briques, bois, clous, vous voyez le genre). Vous pouvez vous en procurer en payant, ou en faire la demande à vos amis. » Vous préférez quoi, vous ? Donner des sous, ou envoyer un petit mot à vos amis ?

J’ai une situation sociale ou professionnelle. Mon niveau de vie ne me satisfait pas. Facile : il suffit de demander à mes amis s’ils acceptent de souscrire gratuitement, même s’ils ne reviennent plus jamais de leur vie !

Bon, maintenant, cela aurait quelques inconvénients, hein… Comme ces voisins qui viennent écrire des choses bizarres sur votre mur. Choses bizarres, et plus ou moins bien traduites, d’ailleurs… Et ça implique aussi que vos amis peuvent venir chez vous à n’importe quelle heure du jour et de la nuit pour regarder vos photos, vos vidéos, ce que vous racontez à vos autres amis… Ceci dit, quand un ami vous pose problème, vous pouvez le supprimer sans risquer le moindre ennui judiciaire par la suite ! Ah, vous voyez bien que tout ceci mérite réflexion…

Pour les interventions étranges sur votre mur, elles sont, elles aussi, faciles à supprimer.

Et mine de rien, même si vous vivez au fin fond de la Creuse, votre pote qui vit à Montréal peut venir arroser votre jardin tous les jours, hein. Alors ça mérite bien quelques sacrifices.

Non ?

 

 

Tendrement… 17 avril, 2011

Classé dans : Non classé — Barbara @ 21:28

Tendresse : que de caresse, déjà, dans le mot !

Que de soif il inspire, quand on en manque à tel point que son absence devient obsession.

Il est des manques physiques, quand on est seul ; il est des manques moraux. La tendresse, son absence, plutôt, provoque les deux. D’ailleurs, elle peut n’être que physique, la tendresse… Elle est beaucoup plus facile à simuler que les sentiments, puisqu’elle n’en est qu’en partie composée. Et un assoiffé de tendresse, celui qui la voit chez les autres, ressent tant de jalousie à ce spectacle qu’il se contenterait du faux.

D’où vient cette faim, ce besoin impérieux ?

Je rêve d’une main sur mes cheveux, d’une caresse sur ma joue, et malgré mes appétits, si je devais choisir entre sexe et tendresse, cette dernière aurait ma préférence malgré tout… (Notez que l’enflure qui m’obligerait à choisir entre les deux n’aurait de moi que la vision de mon dos tandis que je le planterais là après quelques mots bien sentis)

La tendresse n’a pas besoin d’authenticité ; en revanche, elle ne connaît pas le substitut. On ne peut pas la remplacer par un cache-misère. La faim de tendresse a des exigences à géométrie variable.

Mais elle est là. Elle a fait son nid, et elle ronge, elle grignote, elle tire vers le fond, elle entraîne avec elle le moral le plus costaud, aux heures où on se retrouve seul dans un lit que personne d’autre ne froissera, dans un lit qui ne connaît qu’une chaleur, dans un lit qui ne sert plus qu’à dormir… Ou à rester les yeux grands ouverts sur ce vide, à se demander si on y restera jusqu’à la toute fin, à se dire que le temps passe vite et ne fait pas de cadeau, et qu’un beau jour on finira par se rendre compte que la fleur est passée, et qu’on n’est plus en état de recevoir ce qui nous aura tant manqué.

On se raconte des histoires, dans ce lit vide d’une autre présence, et qui le restera. On tue le temps en appelant le sommeil, seul refuge où le manque ne nous trouve pas toujours. On se fait des tête-à-tête, on s’invente des dialogues, on voit, on sent, des caresses, des baisers, la chaleur d’une peau, des bras qui enserrent. Certains soirs, on arrive à se mentir, on arrive presque à y croire, et la plaie reçoit son baume. Les autres fois, la faim qui ne dort jamais se met en rage et vous fait payer l’ersatz. On finit par s’endormir, oui. Avec au moins une larme au creux des cils. Quand elle ne vient pas avec toute sa famille…

J’ai faim. J’ai soif. Et je rêve de cette main à laquelle je n’oserai jamais rien demander.

 

 

Hey, grand 2 avril, 2011

Classé dans : Billets d'humeur — Barbara @ 22:11

Salut, toi.

Oui, je sais. Il y a le téléphone, il y a les sms, il y a même ce msn où tu n’aimes plus guère venir.

Pour le téléphone, il se fait tard, et par sms, je suis maladroite. Mais j’ai pas envie de te laisser mariner tout seul. Du coup, je t’impose ce qui va suivre, et autant que tu le saches tout de suite, hein : je ne sais foutre pas ce que je m’apprête à écrire.

C’est juste du « non, je te laisse pas tout seul ».

Je t’appellerai pas Jeff, le grand Jacques m’a piqué l’idée avant même ma naissance (l’enfoiré).

 http://www.deezer.com/listen-882625

 Ouais, je sais, les copains, ceux qui ont de la barbe, et ceux qui ont de belles jambes, c’est bien gentil, mais ça ne tient pas chaud la nuit. Note que c’est pas fait pour, normalement… Mais ça fait un petit bout de tendresse sous l’orage, s’pas ? Les potes, c’est fait pour te sourire quand tu es bien, te ramasser quand tu es mal, te dire des conneries grosses comme eux histoire de t’arracher un rire.

Et des fois, ça sait pas quoi dire ou faire, mais c’est là. Et ça te vire pas comme un malpropre, pour changer d’amitié au gré du vent. La vie a beau être une sacrée chienne, par moments, elle a tout de même du mal à virer les copains. Ouais, ouais, ouais, même l’amitié, c’est pas éternel. Mais ça tient chaud au coeur en attendant mieux.

Et là, tu vois, mon gars… Ton coeur, on est plusieurs à se le couver, à se le dorloter, à se le caliner pour te le rendre la prochaine fois que tu en auras besoin. Parce qu’il y aura une prochaine fois. Il y aura de nouveau un chouette grand soleil sur ta vie. Là, c’est juste un coup de crachin. Mais merde, les Bretons ont peur du crachin depuis quand, hein ? Pteuh !

En tout cas, on est là, et on y reste… Jusqu’à la prochaine éclaircie, grand. Le jour suit la nuit, le beau temps, la pluie. Quoi ? Que j’arrête de me prendre pour Catherine Laborde ? P’tain, t’es dur… Je sais bien que je viens de te sortir ce qui peut ressembler à des platitudes, mais c’est pas ma faute. C’est parce que je suis née trop tard, et que du coup, toute une tripotée de crétins sentimentaux a déjà déballé ce genre de choses. Note que pour autant, ce n’en est pas moins sincère.

Sincère, ça l’est, ouais, m’sieur ! Sincère, et maladroit, et tout ce que tu voudras.

‘Fin… Tout ça pour te dire…

 J’suis là. Et je suis pas la seule.

HEIN, LES GARS ?

 

 

 

Virtuel ? 26 février, 2011

Classé dans : Billets d'humeur — Barbara @ 22:55

La bise : rituel social auquel je ne me plie en général qu’avec mauvaise grâce. Rien de tel qu’une bonne poignée de mains.

 Celle-ci commence comme toutes les autres : sur la joue, premier contact. Le second semble vouloir se rapprocher du coin des lèvres. Erreur dans le calcul de la trajectoire ? C’est fréquent. Qui ne l’a jamais fait, sans pour autant que ce soit autre chose qu’un geste innocent, accidentel ?

Et pourtant, un frisson. Parce que celui-là, j’ai justement envie qu’il ne le fasse pas accidentellement. Parce que je verrais assez bien sa timidité s’exprimer de cette façon, comme une main tendue que je devrais saisir. Parce que cela s’accorderait si bien avec son regard.

Ah, son regard… Hmmm…

Le troisième acte de la bise se pose avec une douceur infinie sur ces lèvres que je rêvais cibles une fraction de seconde auparavant. Le temps s’arrête, et j’emmerde Lamartine s’il en est jaloux.

Je sens la douceur, la chaleur, la tendresse de ses lèvres, la sensation de légère humidité sur les miennes est si réelle que c’en est presque douloureux. Je fonds, pas d’autre mot. Je fonds et j’ai une grosse bulle de joie qui traverse mon ventre pour remonter vers ma gorge en bousculant mon coeur qui soudain s’affole et se met à danser la gigue. J’en reste hébétée, pas encore le temps de comprendre que ce qui n’est déjà plus une bise se mue en un véritable baiser.

« Et je m’envole ».

Légère, si légère, que je ne touche plus terre, et pourtant si lourde de désir, cette faim animale, cette bête étrange et parfois effrayante qui loge dans mes entrailles et vient de s’offrir un terrible réveil.

Et j’y réponds, à ce baiser. De tout mon corps et de toute mon âme.

Y a-t-il du monde autour de nous ? Je ne sais pas. Possible. Et alors ? Je m’en fous. Je vis. Je vis, bordel ! Et pleinement.

Je me suis réveillée dans la tendresse et la douceur, le sourire aux lèvres. J’ai passé la journée la tête dans les nuages, avec de brusques sensations de chaleur et de serrement du côté du plexus solaire. Ah ça, oui, solaire, ce fichu plexus, parce que je vous assure qu’aujourd’hui il rayonne !

Et j’attends ce soir avec une impatience que je sens grandissante. Parce que c’est la seconde fois, et que je me dis que, peut-être, cette nuit encore, ou bien l’une des prochaines…

Parce que ce n’était qu’un rêve, que mes rêves, eux, sont libres, et ne subissent pas les contraintes de mon quotidien d’enchaînée. Parce que ce rêve-là était si fort que c’en est presque du vécu. Parce que les sensations étaient terriblement physiques.

Parce que quand un rêve est aussi fort, il est facile de croire qu’il va se réaliser, que peut-être, peut-être… Il est dû à une connexion des inconscients. Allez savoir.

Possible que je rêve encore : rien à foutre. Ces rêves-là me font du bien.

 

 

Le gaz de schiste : pas d’inspection, un moratoire, bon dieu ! 17 février, 2011

Classé dans : Billets d'humeur,Non classé — Barbara @ 20:04

Suite à une pétition à laquelle j’ai participé, voici la réponse que j’ai reçue ce jour dans ma boîte mail :

 »

Madame, Monsieur,

J’ai reçu plusieurs milliers de méls attirant mon attention sur les problèmes environnementaux posés par l’extraction de gaz de schiste et me demandant que soit mis en place un moratoire (pétition n° 1). J’ai rédigé une réponse courte qui vous a ensuite été envoyée automatiquement. J’ai reçu plus de 200 réponses individualisées puis, très vite, plusieurs milliers de méls identiques (pétition n° 2). En parallèle, les médias ont relayés vos inquiétudes. Ces très nombreuses réactions témoignent que nous partageons une passion commune pour l’environnement et je m’en réjouis.

J’ai lu personnellement chaque mél individualisé et bien entendu les pétitions. Vous comprendrez bien que ma réponse sera collective.

Une abondante information est disponible sur le site Internet du ministère de l’écologie et du développement durable (www.developpement-durable.gouv.fr <http://www.developpement-durable.gouv.fr/> ) à la rubrique « énergies et climat », en particulier sur les procédures et les garanties qu’elles apportent, sur les permis accordés et les demandes en cours d’instruction avec la cartographie associée et sur les énergies renouvelables.

Le gouvernement a décidé de lancer une mission d’inspection sur les gaz et huiles de schiste afin d’être éclairé sur les enjeux économiques (dans le monde et en France), sociaux et environnementaux. Le rapport sera public. Vous pourrez prendre connaissance du communiqué de presse et de la lettre de mission à l’adresse http://www.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=20901

Jean-Marie Durand
Directeur adjoint du cabinet
MEDDTL »

Et la réponse que je vais faire :

« Monsieur,

Par la présente, j’accuse réception de votre réponse à la pétition à laquelle j’ai participé. Et je dois dire que le « j’accuse » est à double sens. Permettez donc en retour que je vous livre mon ressenti.

Et voilà… On demande un moratoire, un foutu moratoire, et on nous répond « inspection ». Un sens aigü de l’ironie, de l’humour noir et de la dérision, dont je ne suis en rien responsable tant c’est l’atavisme qui parle, me pousserait à me demander si vous êtes atteint de surdité (si notre pétition vous a été lue) ou de souci de compréhension (si vous l’avez lue vous-même).

Parce qu’il n’y a pas besoin d’une inspection : le gaz de schiste, on sait que c’est dévastateur. Demandez aux Américains qui en ont fait les frais. Demandez à ceux qui, voulant faire couler un peu d’eau à leur robinet, voient ladite eau s’enflammer (parce que l’eau qui prend feu, c’est une chose tout à fait normale, banale, commune, mon Dieu que c’est lassant, n’est-ce pas ?). Demandez à ceux qui ont vu les nappes phréatiques de leur région polluées de façon durable, ainsi que leur environnement, avec la noria de camions que nécessite l’exploitation de cette ressource.

Personne ne veut d’inspection : ce qui est demandé par toutes ces pétitions, c’est au minimum un moratoire. Entre inspection et moratoire, la différence est de taille : une inspection n’empêche en rien l’exploitation, le moratoire, si.

Notez que si vous souhaitez profiter des effets d’un moratoire pour faire une inspection, ma foi, pourquoi pas…

Mais le fait de répondre « inspection » à des gens qui se mobilisent pour dire « moratoire », je pense très sincèrement que c’est encore pire que le silence. Pour citer Coluche, « une dictature, c’est ferme ta gueule, une démocratie, c’est cause toujours ». Pardonnez-moi, monsieur, de me montrer crue, et brutale, mais votre réponse me laisse une sensation de « allez, on est gentil, on vous jette un os à ronger ».

Il aurait mieux valu dire, à n’en point douter « les choses se feront quoi qu’il advienne, et vos pétitions n’y changeront rien ». Cela aurait au moins eu le mérite de la franchise.

Parce que vous savez forcément que c’est un tort d’avoir voulu initier tout cela sans même informer ni consulter les personnes concernées. Parce que vous savez que la façon dont les permis ont été accordés était douteuse, au bas mot.

Je doute très fortement que l’ensemble des signataires de la pétition se contente d’une inspection. En somme, vous nous incitez à demeurer mobilisés tout en nous présentant cette inspection comme une bonne nouvelle. Pouvez-vous dès lors comprendre une certaine amertume, pour ne pas dire une amertume certaine ?

Vous parlez de votre, je cite « passion pour l’environnement », et je ne peux que me demander avec anxiété si elle est de même nature que celle de monsieur Borloo, qui a accordé, sauf erreur, les permis… La sagesse, sans même parler d’une passion pour l’environnement, la seule sagesse, au vu de ce qu’ont donné ces exploitations ailleurs dans le monde, la seule sagesse devrait vous inciter à oeuvrer pour un moratoire.

C’est d’ailleurs la seule réponse que nous attendons, et la seule, donc, qui mérite d’être délivrée. Celle dont je garde espoir que vous nous la ferez sous peu.

Cordialement,

Barbara Goujon »

 

 

 

Courrier à Jean-Luc Mélenchon 14 février, 2011

Classé dans : Billets d'humeur — Barbara @ 18:44

Monsieur Mélenchon, bonjour,

J’ai suivi avec beaucoup d’attention le débat de ce matin, sur BFMTV, entre Marine Le Pen et vous, et je tenais à vous livrer les résultats de mes réflexions de téléspectatrice et de citoyenne.

Je ne reviendrai pas sur ce qui m’a semblé positif, vous devez en avoir, j’imagine, une bonne idée… Non pas sur mon avis personnel, il va de soi, mais de manière générale.

Je me doute que vous avez autour de vous suffisamment de conseillers, et que ceux-ci ont déjà pointé ce que je m’apprête à pointer… Ceci dit, un tiens valant mieux que deux tu l’auras, j’aime autant acheter ma tranquillité d’esprit en risquant le doublon.

Deux coches ont été manqués -- pour ceux qui m’ont sauté aux yeux, en tout cas. Sachant que Le Pen père aime à reprendre des arguments -- quoique le terme d’arguments soit flatteur -- restés sans réponse, je m’offre ce jour l’audace de contrer ce qui a été dit.

Quand Marine Le Pen a ressorti comme une attaque à votre encontre un discours de Georges Marchais, de 1978, allant à l’opposé de ce qu’elle considère comme les propos habituels de ce dernier, il aurait été bon, ainsi qu’amusant, d’évoquer ce fameux discours de 1972 où un homme politique français parlait de la nécessité de faire venir des travailleurs étrangers dans une France qui sans cette décision courageuse, risquait tout bonnement de s’effondrer, un homme politique disant en filigrane tout au long de ce texte « étrangers, je vous aime, venez vite chez nous, nous avons besoin de vous ». Un homme se nommant… Jean-Marie Le Pen.

 Ce qui permet aussi de rebondir sur le « on ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont créés ». Au vu du discours évoqué ci-dessus, prononcé par le fondateur du front national, si l’on suit ce principe issu tout droit d’une phrase de Marine Le Pen, ce matin, le « problème » des travailleurs émigrés ne saurait en aucun cas être réglé avec le FN…

De même, quand Marine Le Pen joue au « cétoiquacopié » en mettant en parallèle le nom « front national » antérieur au nom « front de gauche »… Sauf erreur, je crois avoir retenu de mes cours d’histoire que le front populaire a existé avant le FN, créé en 1972 (je n’ai aucun mérite à avoir retenu la date, c’est hélas l’année de ma naissance).

Quant au ressenti positif du débat, si je ne me sens guère apte à l’évoquer, c’est que je ne fais pas partie des gens qu’il faut convaincre.

Je n’ai que peu d’espoir quant au fait que la présente vous aura été d’une quelconque utilité, puisque cela signifierait que personne autour de vous n’a fait les liens entre les différents détails dont je vous parle. Certes. Mais parce que l’on n’est jamais sûr de rien -- oui, je sais, je l’ai déjà dit dans mon introduction, mais je me pique d’écrire, et j’ai un faible pour les textes en boucle.

 Si d’aventure vous souhaitez réagir à ce message, sachez que je l’ai affiché dans mon blog, où j’entrepose des billets d’humeur plus ou moins sérieux -- voire pas du tout. En somme, je vous offre un point de débat supplémentaire, si vous en avez le temps et le souhait. Cela se passe ici : http://armoriademortain.unblog.fr/2011/02/14/courrier-a-jean-luc-melenchon/

Cordialement,
Barbara Goujon

 

 

Sujet N° 4 : La pénurie des phoques au Sahara 5 février, 2011

Classé dans : Billets d'humeur,Non classé — Barbara @ 17:17

En des temps tellement reculés qu’on les appelle jadis, les phoques dominaient le monde. N’écoutez pas les pseudo-scientifiques qui essaient de vous faire croire que c’étaient les dinosaures, obéissant en cela à un vaste complot visant à vous faire avaler n’importe quoi histoire que Jurassic Park demeure un classique du genre.

 Non, la vérité est là : les phoques dominaient le monde.

Mais alors, me direz-vous, pourquoi est-ce que cela a changé ? Que sont-ils devenus, tous ces phoques ?

Le phoque est coquet : pour cette raison, il aime à hanter les mers froides (Arctique). Parce que c’est connu, le froid raffermit la peau.

Le phoque est esthète : pour cette raison, on en trouve dans le plus beau pays du monde (la Bretagne, mais ceci fera l’objet d’un billet ultérieur).

Le phoque n’aime pas les Américains : pour cette raison, on en trouve en Californie. Parce que les gros requins suivent les phoques à la trace, et la concentration de leur population suit très fidèlement celle de nos héros. Donc, en se regroupant près des plages californiennes, les phoques ont bon espoir que les baigneurs américains seront dévorés par les requins.

Le phoque aime la chaleur, parce que raffermir sa peau, c’est bien gentil, mais vient un moment où on finit par se cailler les meules. Aussi, se pose une question cruciale : pourquoi le Sahara souffre-t-il d’un manque cruel et récurrent de population phoquesque ?

Il est temps pour le monde de savoir, et bien que sachant que cette révélation me met en grand danger, je ne supporte plus de garder le silence.

Au Sahara, dans la journée, il fait terriblement chaud, et c’est un réflexe bien naturel que de chercher un peu de fraîcheur. Or, une fantaisie de langage a fait appeler une glace sur un bâtonnet du même nom que les habitants du grand nord (pas celui de Dany Boon, celui de la terre). Donc, en toute logique, les habitants du Sahara ont souhaité avoir des Esquimaux. Mais, et il faut le savoir, les Esquimaux sont bien plus rares dans le désert qu’aux abords de la banquise (en fait, c’est juste parce qu’ils n’aiment pas le sable, pour la simple et bonne raison qu’on ne peut pas en  faire des igloos).

 Les Sahariens, jamais à court d’idées, ont alors eu celle de transformer certains d’entre eux en Esquimaux. Et comment les Esquimaux s’habillent-ils ? En peau de phoque. Eh ouais.

Brigitte Bardot a eu beau intervenir, la population prise en chasse se réduisait comme peau de chagrin. Ne vous y trompez pas : les images de BB montant au créneau, ce n’était pas en Arctique, c’était bel et bien au Sahara. C’est d’ailleurs la preuve qu’il existe un véritable complot : les images ont été trafiquées à grand coup de l’ancêtre de Photoshop.

La communauté internationale s’étant grandement émue, le phoque saharien, déjà en état de quasi-extinction, a connu un répit. Un bref répit.

Ce qui lui a porté le coup de grâce, c’est un traître que vous connaissez tous : cette saleté de Bibifoc. Avec ses grands yeux tendres et son museau à croquer, il a déclenché une telle vague, que dis-je, une vague, un raz-de-marée de fans que les derniers survivants des phoques sahariens ont été capturés dans le but d’en faire des animaux de compagnie. Or, un phoque privé de sa liberté, et qui ne peut ni aller se raffermir la peau, ni s’envirer de la beauté des paysages bretons, ni faire aller bouffer des Américains sur les plages californiennes, se laisse tout simplement dépérir -- car le phoque a une nette tendance à la dépression.

Voilà, à présent, vous savez tout : s’il n’y a non pas moins ou peu, mais, n’ayons pas peur des mots, plus du tout de phoques dans le Sahara, c’est à cause de l’abruti qui a appelé une glace Esquimau, et à cause du créateur de Bibifoc (avec la complicité d’Antenne2 et de Dorothée).

Si l’on avait réfléchi, et appelé cela « bâton de glace », et créé Bibicon, il y aurait toujours des phoques au Sahara.

Et moins de cons en liberté.

 

 

Sujet 3 : « les aventures d’une princesse se prenant pour une elfe amoureuse d’un vampire après qui court un curé. »

Classé dans : Billets d'humeur — Barbara @ 0:44

Ce sujet, seuls les joueurs de Royaumes Renaissants pourront l’apprécier à sa juste valeur -- surtout les plus anciens joueurs de Flamands.

 Remontons donc le temps.

En 2005, j’étais modératrice sur un forum de discussion. Dans la partie discussions diverses de ce forum, un beau jour, fleurit un topic où un membre du forum disait s’être inscrit sur un jeu en ligne se déroulant au Moyen-Âge. Ma réaction : « le Moyen-Âge ? Nan mais ça va pas, la tête ? A l’école, j’ai jamais aimé le Moyen-Âge, je pionçais en cours ! ». Selon la teneur du topic en question, le jeu semblait orienté fantasy. Or, mon avatar forum était celui que les joueurs des RR connaissent bien (mon avatar actuel avant retouches) : un visage elfique. Le pseudo, Armoria, du nom d’un personnage dans un livre que j’avais écrit.

Le membre du forum a gentiment insisté, disant qu’il avait besoin de filleuls. De guère lasse, je me suis inscrite. En oubliant de nommer le parrain, d’ailleurs.

 C’est ainsi qu’Armoria -- l’elfe -- est arrivée à Tournai, alors artésienne. Les joueurs plus récents des RR doivent déjà être en train de hurler de rire à la seule pensée d’une newbie se proclamant elfe.

Sauf qu’à Tournai, il y avait eu un vampire, un elfe (elfe noir, des forêts, juste un lointain cousin, héhéhé). Donc, rien de choquant. En gargote, nous avions une tisserande qui s’était transformée en écureuil tandis que son aimé avait pris la forme d’un ours.

 Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, en somme. Ouais, je sais, la drogue, c’est de la merde.

Donc, notre elfe Armoria -- qui n’était pas encore princesse -- ayant ouvert une école de danse (où elle a enseigné la lambada, je vous entends rire, je vous demande d’arrêter, comme dirait Edouard), ne s’est pas arrêté en si bon chemin, et a sans le vouloir inventé les relations virtuelles. En effet, elle avait lu les interventions à Tournai d’un séduisant vampire (Tatoulet) qui était parti entre temps à la Rochelle. Ni une, ni deux, elle lui a écrit et lui a enflammé les sens à distance, distance qu’il a vite fini par vouloir réduire. Dans tous les sens du terme, puisque cela s’est conclu par un mariage avant lequel ils s’étaient offert un échantillon…

Ben quoi ? Même au supermarché, on a le droit de goûter avant d’acheter, alors hein !

Mariage célébré par un cardinal (Jcaest) qui avait juste oublié… de demander aux mariés s’ils étaient baptisés.

Oui, bon, ça va, hein, les RR n’avaient qu’un an !

Reste que notre bon Jeandalf ne l’entendit pas de cette oreille, une fois devenu curé, et s’ensuivit une querelle mémorable au cours de laquelle il se bornait à rappeler que sans baptême, pas de mariage valide, argument que les amoureux traduisaient en une volonté implacable de briser leur couple, et eux avec.

Bonne chose tout de même, puisque quand le vampire s’en fut, Armoria -- qui n’était plus une elfe, comme quoi j’avais évolué -- n’eut donc pas besoin de faire annuler un mariage qui n’avait jamais été valide.

Moralité : sur les Royaumes Renaissants, on peut aller très loin en ayant commencé de la pire façon qui soit… Faut juste penser à corriger le tir.

 PS : mon Jeandalf, il était pourri, ton sujet de dissert’, je te déteste !

 

 

La vie à deux à la couleur d’aujourd’hui 23 janvier, 2011

Classé dans : Billets d'humeur,Non classé — Barbara @ 16:43

Le sujet de Dom’.

Je vais donc me placer en observatrice plutôt que du côté du vécu. D’abord parce que ça fait un bail que je ne suis plus dans le truc, du moins pas au sens premier du terme, ensuite parce que les souvenirs que j’en garde -- les plus vifs étant par nature les plus douloureux -- n’auraient comme effet secondaire, si je les étalais devant vous, chers amis -- hu hu -- qu’une diminution brutale et sans doute à long terme -- parce que bien évidemment, tout ce que j’écris vous marque à vie, étant donné mon talent, et le premier qui rit, j’y pète sa face -- du nombre de couples en France et dans les pays francophones où je compte des contacts.

 Avouez qu’à l’heure où on découvre que la France est dans les champions européens de la natalité -- youhou ! -- ce serait dommage.

Observatrice, donc.

Et vous, vous serez mes cobayes, comme ces p’tites bestioles prisonnières des cages, vivariums, aquariums, terrariums et autres trucs en -riums des savants fous.

 Inquiets ? Normal. S’il y a un rôle qui me sied à merveille, c’est celui du savant fou. Mouahahaha.

Pour parler du couple actuel, il faut d’abord se souvenir du couple d’avant. D’avant quoi ? Ben d’avant, quoi.

Avant, le couple, on en signait pour en chier. Pour le meilleur et pour le pire. On était condamné à vie, et un peu comme chez les gladiateurs, le gagnant, c’était celui qui survivait.

Ou pas. Sauf qu’il n’y avait pas d’empereur pour accorder la grâce.

Donc, on signait jusqu’à ce que mort s’ensuive. Fallait faire des enfants, les élever, les nourrir si on en avait les moyens, ce qui nous donnait l’opportunité, éventuellement, de devenir des grand-parents. La femme n’était majeure ni avant son mariage, où elle était sous l’autorité du père, ni pendant, où elle était sous celle du mari. Elle ne devenait majeure et réputée apte à prendre ses propres décisions, à se gérer, que si elle devenait veuve. Et ce dont je parle n’est pas si vieux, hein…

 On se mariait -- oui, un couple, c’était avant tout le mariage -- assez tôt, et parfois assez vite, quand on avait pris un peu d’avance sur la nuit de noce, avec comme résultat des petits pieds qui poussaient les grands. On se mariait pas par choix, on se mariait parce que. Pas par obligation non plus, juste parce que. Avant, on se fréquentait sans forcément coucher (pas une généralité non plus, nos parents et aïeux n’étaient pas des saints).

Maintenant…

La femme dispose d’elle-même, dans nos démocraties. Le mariage n’est plus une obligation imposée par la coutume, il est devenu un libre choix, parfois en tant que preuve d’amour, parfois pour des raisons fiscales. Et souvent les deux. Ce n’est plus l’institution sacrée et intouchable à vie. De CDI, il est devenu CDD. La version intérimaire, c’est l’union libre, avec son cousin formalisé, le PACS. Et de plus en plus, on ne se marie plus pour avoir des enfants, mais on se marie parce qu’on en a.

Aujourd’hui, plus rien n’est pour la vie (sauf la mort). L’évolution de la condition féminine a amené à une fragilisation des rôles de chacun dans le couple. Les repères et les limites du territoire de l’homme et de la femme sont plus flous, et moins gravés dans le marbre. La seule certitude, au fond, concernant les rôles, c’est que c’est toujours madame qui accouche, et éventuellement allaite. Le reste… Au choix.

On construit son couple comme on construit sa maison, en choisissant traditionnel, moderne, design ou carrément conceptuel. Les couples homosexuels aussi font leur petit bonhomme de chemin, et n’ont plus l’obligation -- par prudence - de se cacher. Ils restent tout de même des « sous-couples », puisque n’ayant pas les mêmes droits que les couples hétéro.

La vie à deux, ça devient aussi, parfois, comme un boulot qui vous met les nerfs en pelote, mais qu’on ne peut pas laisser tomber faute d’en avoir les moyens.

Nos aïeux se mariaient le plus souvent dans le voisinage, ou les proches parages. Pourquoi ? Pardi, parce qu’ils n’allaient pas pas voir plus loin s’ils y étaient. Aujourd’hui, par le biais du virtuel, on peut faire des rencontres très éloignées, à l’autre bout du pays, à l’autre bout du monde, on peut même coucher ensemble sans s’être jamais vus, sans jamais avoir entendu le son de la voix de l’autre -- et sans avoir l’absolue certitude que c’est un membre du sexe opposé, pour les hétéros, ou du même, pour les homos. Ceci dit, rien qu’un petit coup de web cam ne peut arranger…

La fameuse question de Rocard (dixit Ardisson), « sucer, c’est tromper ? » devient la question de l’internaute « coucher virtuellement, c’est tromper ? ».

Des couples qui ne sont plus des contrats à vie, des responsabilités qui ont évolué, un partage des tâches qui a radicalement changé… Le couple d’aujourd’hui est donc un autre univers que celui d’hier.

Reste que la phrase demeure valable : s’aimer, ce n’est pas se regarder dans les yeux, c’est regarder ensemble dans la même direction.